André Warnod

Élements biographiques

Portrait de André Warnod André Warnod,  Prisonnier de guerre (1915)

“ C'est ce qui fait le pittoresque d'un camp de prisonniers.
Les goumiers arabes avec leurs haïks blancs ou rouges, leurs grands burnous et leurs allures hautaines de seigneurs moyenâgeux, y mettent
une note d'exotisme inattendue. Ils étaient, avant qu'on eût réuni tous les mulsulmans dans un môme camp, comme un vol d'oiseaux des îles, éparpillés à travers l'Allemagne. Ce sont des hommes magnifiques et extraordinaires. Ils ont sur la guerre des idées d'autrefois et ne comprennent pas très bien comment il se fait qu'ils sont là, captifs, comme des animaux pris au piège.
”
Source : Gallica

Portrait de André Warnod André Warnod,  Prisonnier de guerre (1915)

“ Alors, on pense à « là-bas », à ceux qu'on aime, au temps où, la baïonnette au bout du fusil, on s'en allait sur les routes de France, dans la mitraille. Comme on regrette ce temps-là, avec quelle frénésie on marcherait en avant si cela était encore possible! Mais on n'est plus rien; on est des bêtes captives. On a l'atroce impression d'être abandonné, perdu, relié à la vie seulement par un fil ténu : la poste ! Il n'y a plus que cela au monde : les lettres qu'on reçoit ; et puis les petits paquets qui empêchent qu'on n'ait trop faim. ”
Source : Gallica

Portrait de André Warnod André Warnod,  Prisonnier de guerre (1915)

“ Il vient beaucoup de monde à la messe. La sortie de la chapelle est très mouvementée; on bavarde, on se retrouve; les inévitables petits marchands l'ont leur trafic, c'est une occasion de plus qu'on a d'oublier un peu qu'on est si loin... de tout.
Malgré ces remèdes contre le spleen, malgré ce pittoresque,
pittoresque, gamineries, ces sourires parmi
tant de tristesses, quel affreux séjour qu'un camp de prisonniers! Je le dis à tous mes camarades qui se battent : tout vaut mieux
que d'être là, même la blessure grave.
”
Source : Gallica

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