Léon Blanchin

Élements biographiques

Léon Blanchin Chez eux, souvenirs de guerre et de captivité… (1914-1916)

Je ne peux plus servir mon pays, monsieur le docteur allemand, mais ce que je puis faire c'est prêcher la guerre à outrance, la guerre jusqu'à l'écrasement de votre militarisme et de votre orgueil. Nous qui avons vu votre pays, qui avons pu juger un peu de ce qui s'y passait, nous qui avons revu le nôtre où l'on ne manque de rien, où la population, confiante en la victoire finale, attend, attendra patiemment si longue que soit la guerre, nous pouvons vous crier comme là-bas : l'heure approche où vous serez punis.
Source : Gallica

Léon Blanchin Chez eux, souvenirs de guerre et de captivité… (1914-1916)

D'autres se plaignent en se tordant à terre.
« L'adjudant est tué d'une balle au front, » me crie mon voisin. Je ne réponds rien, je tire toujours, visant bien les bois d'en face d'où nous vient une pluie de balles.
Je serre les dents, je broie ma pipe qui n'a pas quitté ma bouche. Je tremble un peu. Est-ce la peur, est-ce l'énervement ? J'en suis à mon premier combat, j'entends pour la première fois siffler les balles, j'entends pour la première fois les plaintes, les cris, les appels des blessés et des mourants. Ce sinistre tableau trouble la pensée,
jette le désarroi dans l'âme effarée.
Source : Gallica

Léon Blanchin Chez eux, souvenirs de guerre et de captivité… (1914-1916)

C'est toujours le même décor, avec la même odeur, odeur d'hôpital mêlée à l'odeur particulière que dégagent les Allemands. Ce sont les mêmes souffrances, les mêmes agonies. Comme là-bas à Konzerthaus, comme partout, le lieu de plaisir est devenu lieu de douleur. Le soir, c'est la même sentinelle au casque à pointe ou au béret plat qui nous garde. Les soldats chargés de nous surveiller, surtout au camp, ont tous ou à peu près tous un fusil français. Quel crève-coeur pour nous!
Source : Gallica

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