François de Gélis, Trois mois en Tunisie : journal d'un volontaire (1882)
“ Une sentinelle de garde à la tranchée a vu remuer une ombre et a fait feu. Les Arabes se voyant découverts se lèvent tous à la fois comme une armée de fantômes sortant de terre. Immédiatement, la fusillade éclate ; à la lueur des coups de fusils nous voyons une forêt de burnous qui entoure le camp. Dans l'impossibilité de viser, chacun tire devant lui au hasard, un coup n'attend pas l'autre, c'est comme un roulement de tonnerre ; les balles sifflent de tous côtés ; nous sommes environnés d'une épaisse fumée, on ne voit plus, on n'entend plus, mais on tire toujours. ”
