Claude Boringe, Revue des Deux Mondes
“ « Sûrement, disait-on, le Prophète écoute la prière de celui qui est né de sa chair et de son sang. Il la transmet au Tout-Puissant. Bénissons l’envoyé, bénissons le Marabout. » Le marabout disait aux gens du village : « Apportez-moi à manger. » Avec révérence, les hommes et les femmes du douar déposaient au seuil de sa tente des figues, des dattes, des olives, la pyramide de couscouss. Au marabout on consacrait le lait de la plus belle chèvre. Et les hasards de la vie devenaient bientôt ses miracles. Sur sa tête, en sa personne se concentraient tous les espoirs et toutes les craintes. ”
