Résumé

Portrait de Hippolyte Langlois Hippolyte Langlois Souvenirs d'un prisonnier d'Abdel-Kader… (1859)

Sidi-Kadour-ben-Allel s'empressa de me demander des nouvelles de M. de Cognord. Le bon kalifa était si heureux de me revoir qu'il se retourna vivement pour dire à l'émir, qui venait gravement par derrière, que Testard, l'ancien prisonnier, se trouvait aux Tuileries.
- Oui ! fit Abd-el-Kader en me faisant de la main un signe amical, je sais que ce brave enfant sert aujourd'hui l'Empereur.
Et ils montèrent tous les trois dans la voiture qui les attendait à quelques pas de là.
Tous les enfantements sont douloureux.
L'enfantement de l'Afrique à la civilisation a coûté bien du sang à la France.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Langlois Hippolyte Langlois Souvenirs d'un prisonnier d'Abdel-Kader… (1859)

La route était dangereuse; le champ de bataille avait plusieurs fois changé de place, et des Arabes couraient çà et là pour achever les mourants, couper la tête des morts, piller les cadavres tronqués et faire prisonniers les cavaliers démontés.
Dans de pareils moments, la vie est si peu de chose qu'on songe à peine à la conserver.
On frappe avec tant d'acharnement et l'on voit mourir avec tant de courage autour de soi,. que vraiment l'instinct brutal, qui sauvegarde même les bêtes, s'éteint au cœur ou dans le sang de l' homme.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Langlois Hippolyte Langlois Souvenirs d'un prisonnier d'Abdel-Kader… (1859)

Il est vrai qu'à cette joie de revoir des compatriotes se mêlait l'idée que nous retrouvions de la sécurité aux
dépens de leur liberté à tous; mais qui ne pardonnerait un sentiment égoïste à de pauvres prisonniers dans notre situation ?
Une autre joie, bien pure celle-là, fut d'apprendre qu'un docteur était parmi les prisonniers d'Aïn-Tcmouchen; les malades allaient donc pouvoir être soulagés; la plainte incessante qui planait au-dessus du camp comme un glas funèbre devint un grand cri de joie.
Beaucoup de blessés connaissaient le docteur Cabasse pour avoir déjà passé par ses mains.
Source : Gallica

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