Pierre de Castellane

Résumé

Pierre de Castellane Revue des Deux Mondes

Nous arrivions aux premières pentes de la montagne de Menazel. Pour ceux qui faisaient partie de la colonne du centre, le coup d’œil était plein d’intérêt. À notre approche, le bourdonnement lointain de l’ennemi avait cessé ; puis tout à coup de ces roches, de ces ravins, de ces bois, sortent des cris, des rugissemens de bêtes fauves ; les Kabyles se glissent entre les broussailles ; habiles à l’embuscade, habiles à la retraite, ils rampent le long des terres pour joindre l’ennemi de plus près, tirer leur fusil à bout portant, puis bondissent, afin d’éviter la balle qui répond à leurs coups.
Source : Wikisource

Pierre de Castellane Revue des Deux Mondes

Mohamed-bel-Hadj mentait avec l’impudence d’un Beni-Ouragh en parlant ainsi, car la mauvaise foi de cette tribu est aussi notoire dans la plaine que la mission du prophète. Malgré ses mensonges, je l’aimais. Son œil gris à demi voilé, son sourire de bonne humeur, plein de finesse, lui donnaient l’air de l’un de nos paysans normands. Cupide, souple, retors, courageux avec cela, hardi même au besoin, avare et parfois prodigue, enveloppant enfin tous ses vices d’un voile de bonhomie candide, — tel était ce vieux drôle, chargé de mauvaises actions et d’années.
Source : Wikisource

Pierre de Castellane Revue des Deux Mondes

Regarde-moi, fils de Meheddin : hier j’étais la femme du pacha devant lequel tremblaient ton père et tous les habitans du royaume d’Alger ; hier on venait implorer ma protection ; aujourd’hui, j’implore la pitié de celui qui était mon sujet. Songe donc à l’inconstance des biens d’ici-bas. Pense à Zora, ta mère, à Aïcha, ta fille, et prends pitié d’une pauvre femme qui t’implore pour son enfant. Crains d’attirer sur toi les imprécations d’une mère, car elles portent malheur. Tu me demandes la bague d’Omar-Pacha, c’est le seul souvenir qui me reste de lui ; mais la voici.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature