Résumé

Marc Bonnefoy Autour du drapeau : récits militaires (1891)

La neige tombe, tombe toujours ; ceux qui reposent sous la tente, comme Rabasse et son escouade, se félicitent que le sort leur évite la tranchée ou le piquet par
cette nuit affreuse. A o heures du matin, ils espèrent que leur calme ne sera pas troublé jusqu'au jour, lorsque tout à coup une violente canonnade éclate du côté du grand redan.
— Quès aco? dit le Marseillais, en bondissant sur sa peau de mouton et se tenant en alerte, comme tous ses camarades ; encore une partie de boules à cette heure-ci ?
— Il faut que ces Russes soient enragés, fait un autre voltigeur en regardant au dehors !
Source : Gallica

Marc Bonnefoy Autour du drapeau : récits militaires (1891)

Les officiers du 2e bataillon ne sont pas moins bruyants ni moins joyeux que leurs soldats. L'un songe à l'avancement, l'autre à la décoration ; celui-ci voit passer dans ses rêves le fantôme de la gloire ; celui-là est bien aise de rompre avec la monotonie de la vie de garnison. Nice est appelée la Belle, c'est vrai; mais c'est toujours Nice, tandis que là-bas, à l'Ex trême-Orient, c'est l'imprévu, la variété dans la vie. En campagne, l'existence coule rapide et n'entraîne pas avec elle les dégoûts et les amertumes de l'oisiveté.
Source : Gallica

Marc Bonnefoy Autour du drapeau : récits militaires (1891)

La mère et le fils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, mais quand Charles fut sorti, la mère Vidal pleura longuement en maudissant la guerre !.
Dans l'après-midi du même jour, Charles et Laurette sont assis sous un olivier aux bords du Trignon, torrent tortueux et profond qui roule vers l'Ouvèze les cailloux de la montagne. C'est sous cet arbre au feuillage toujours vert que les deux fiancés se sont parlé d'amour pour la première fois ; c'est là que Charles fait ses adieux à Laurette. La tristesse est dans leur cœur et tout ce qui les entoure semble exprimer le même sentiment.
Source : Gallica

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