Résumé

Paul Laurencin Crâneries françaises : récits militaires (1893)

La crânerie, c'est le dédain des privations, c'est le sourire à la misère.
C'est l'armée de Mayence, c'est l'armée de Gênes mourant de faim et se battant quand même.
C'est le marquis d'Hérouville assiégé dans Egra, réduit à la plus affreuse misère, qui n'en veut pas moins célébrer la fête du roi, la fête nationale d'alors, par une superbe cérémonie religieuse, concert militaire, dîner pendant lequel il fait servir à ses officiers son dernier cheval : pour feu d'artifice, les soldats s'en vont fusiller les lignes autrichiennes.
C'est l'oubli de la souffrance devant le sentiment du devoir.
Source : Gallica

Paul Laurencin Crâneries françaises : récits militaires (1893)

La 2e compagnie du 2e régiment d'infanterie de ligne, chargée de la garde du drapeau, est assaillie par un gros d'ennemis qui se dissimulait dans les massifs de mûriers. Une mêlée furieuse s'engage autour du drapeau, car si nos Français sont braves, les Autrichiens sont eux aussi de vaillants soldats; presque tous les officiers sont tués ou blessés, le péril grandit, mais avec le péril grandit aussi le dévouement des défenseurs nombreux qui répondent aux appels des clairons et font à l'emblème de la patrie un rempart de leurs corps.
Source : Gallica

Paul Laurencin Crâneries françaises : récits militaires (1893)

Des crânes enfin, ces officiers et ces soldats qui, sous le bombardement de Sedan, abattaient à coups de fusil et de sabre le drapeau parlementaire que la nécessité obligeait d'arborer.
Le vrai soldat porte galamment le défi au danger, témoin le comte d'Auteroche répondant au : « Messieurs les gardes françaises, tirez les premiers », du capitaine anglais lord Charles May : « Messieurs les Anglais, tirez vous-mêmes, nous ne tirons jamais les premiers. »
Si la crânerie c'est l'emportement de la bravoure, de l'excentricité, du courage, c'est aussi le calme superbe dans le péril.
Source : Gallica

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