Paul Laurencin, Crâneries françaises : récits militaires (1893)
“ La crânerie, c'est le dédain des privations, c'est le sourire à la misère. C'est l'armée de Mayence, c'est l'armée de Gênes mourant de faim et se battant quand même. C'est le marquis d'Hérouville assiégé dans Egra, réduit à la plus affreuse misère, qui n'en veut pas moins célébrer la fête du roi, la fête nationale d'alors, par une superbe cérémonie religieuse, concert militaire, dîner pendant lequel il fait servir à ses officiers son dernier cheval : pour feu d'artifice, les soldats s'en vont fusiller les lignes autrichiennes. C'est l'oubli de la souffrance devant le sentiment du devoir. ”
