Jehan Des Mauges, Soldats de France (1915)
“ L'aumônier du corps d'armée va d'un blessé à l'autre, sur ce grand champ de bataille, qui semblerait d'une longueur infinie, s'il n'était coupé par ce maudit petit bois, tout rempli de Prussiens. Le prêtre, les larmes aux yeux, car on ne s'habitue pas à tant de douleurs, est penché sur un soldat de vingt ans. Il appuie sur son bras la tête blonde presque enfantine et reçoit ses dernières confidences. Avec l'absolution, il fait descendre la paix du ciel dans cette âme jeune, pleine de vie et pourtant joyeuse dans son immolation. ”
