Joseph-Eugène Payen, L'âme du poilu : journal de route d'un aumônier militaire du 7e corps… (1924)
“ Je n'ai pas vu éclater de shrapnel ni si bas, ni si proche, ni de si 3fort calibre qu'au Fortin. J'allais à Sabran avec un adjudant du 60e ; tout à coup, le talus à notre gauche s'effrite au milieu d'une formidable explosion. Nous reculons d'instinct ; arrivés à la porte d'une cagna voisine, l'adjudant m'y précipite et, la main dans le dos, me fait dégringoler les escaliers en manière d'introduction : « Excusez ma brusquerie... » me dit-il. Il a à peine achevé ces mots, qu'un second shrapnel tombe au même endroit ! Les poilus, aux tranchées, se passent de l'élégance des gestes. ”
