“ D'un autre côté, lors de l'effort décisif de l'attaque, il importe de se ménager le plus de feu possible, et, conséquemment, de taire entrer en ligne autant d'hommes qu'il se pourra. La satisfaction donnée à ces deux conditions conduit à une ligne pleine sur un seul rang. Aussi, les Américains, dans leur dernière guerre, se plaçaient sur un rang, tant pour éviter les pertes que pour allonger beaucoup leur front, et pouvoir déborder les flancs de l'ennemi. Cet ordre, théoriquement excellent, demande, il est vrai, des hommes solides, ayant confiance en eux-mêmes et surtout dans leurs chefs. ”
Résumé
“Instruction pratique de la compagnie d'infanterie sur le service en campagne et les opérations du combat pour celle à donner au soldat, à l'escouade, à la section, etc”, publiée en 1877, est une œuvre de . Des thèmes tels que l'avant-garde, patrouilles ou escouade y sont abordés.
Citations de Instruction pratique de la compagnie d'infanterie sur le service en campagne et les opérations du combat pour celle à donner au soldat… ()
“ Cet officier, qui est muni d'une carte, a été avisé par son chef de la position présumée de l'ennemi, de l'emplacement des postes voisins, et a reçu les mots d'ordre et de ralliement. Comme une compagnie envoyée en grand'garde peut rencontrer l'ennemi, et qu'elle doit toujours être prête à combattre, il se dirige sur le point qui lui a été assigné, soit dans l'ordre de marche, soit dans l'ordre de combat; dans le premier cas, il dispose ses hommes comme s'ils étaient l'avant-garde d'une colonne marchant derrière lui, et lorsqu'il s'arrête, se place en halte gardée. ”
“ De plus, si la direction des armées tend à devenir tous les jours plus difficile pour le chef, en raison de leur force toujours croissante, et de l'étendue des connaissances sur lesquelles s'appuie l'art de la guerre, il en est de même de l'éducation du soldat, par suite de tout ce qu'on doit lui enseigner en vue de la guerre. Il faut aujourd'hui que le soldat soit intelligent, s'il est possible,—pratiquement très-instruit très-bon tireur, -et, plus que jamais, rompu aux exercices de marche. ”
“ Le but du combat, tel qu'il se présente au soldat, consiste a chasser l'ennemi de la position qu'il occupe et à s'y établir soi-même solidement, ou bien à empêcher l'adversaire de s'approcher et de s'emparer de la position que l'on occupe soi-même (1) . Mais il n'existe qu'une forme générale de combat, et nous ne pensons pas que l'on doive, comme le fait un auteur ('2) , enseigner au soldat la défense et l'attaque d'une Position et la manière de battre en retraite, ces notions restent tout à fait en dehors de son rôle. ”
“ Les troupes employées aux attaques simulées s'efforcent de paraître plus considérables qu'elles ne le sont. L'attaque décisive se produira avec avantage par surprise, c'est-à-dire que, si elle ne peut se démasquer à l'improviste, elle cherchera à agir par une direction imprévue. Il faut aussi ne pas oublier que dans plus d'un cas la cessation du feu et la retraite de l'ennemi ne seront qu'une feinte pour attirer l'adversaire dans une embuscade, surtout s'il n'a pas cédé devant une surprise. ”
“ Pas de vue que la grand'garde est un poste de combat, dans lequel on doit résister à outrance, pour donner à la troupe que l'on couvre le temps de se préparer à la lutte. La grand'garde est placée loin de la troupe à couvrir, pour que celle-ci ne soit pas sous le feu de l'ennemi dès le commencement de l'action, et qu'elle ait le temps de se former, etc. ”
“ Les retraites sont de deux sortes : 1° On veut occuper l'ennemi pendant un certain temps, pour disparaître ensuite; 2° on est repoussé et forcé de battre en retraite. Dans le premier cas, les tirailleurs battent en retraite, au signal ou sur l'ordre de l'officier, avant d'être arrivés dans la zone efficace du feu de l'ennemi; la retraite se fait en marchant de front et au pas de course. Aujourd'hui plus que jamais, avec la grande puissance des nouvelles armes, la retraite, à la suite d'un échec, sera une opération périlleuse, et par suite difficile à conduire. ”
“ Dans l'action bien dirigée de l'escouade est en effet tout le combat. Aussi ne saurait-on trop insister sur l'enseignement pratique à donner à ce groupe, parce qu'il est la première et la seule unité dans laquelle le chef ait une action directe sur ses hommes ; l'autorité du caporal, bien employée, servira aussi on ne peut mieux à limiler l'initiative du soldat dans ce qu'elle pourrait avoir d'excessif et de dangereux. ”
“ Celui qui se tient sur la défensive donnera la préférence à un terrain découvert, légèrement ondulé, s'inclinant en pentes douces vers l'ennemi ; en un mot, à un terrain qui ne gêne le tir dans aucun sens, tout en ayant cependant la propriété de masquer l'emploi de réserves. « Un champ de tir libre devant le front; des flancs assurés ; des appuis solides à l'intérieur ; la liberté des mouvements en avant et en arrière ; un obstacle en avant du front : telles sont à grands traits les conditions que doit remplir une bonne position. » ”
“ Souvent, il n'engagera qu'une faible partie de ses hommes pour tâter l'ennemi, et ne pas lui laisser découvrir sa force vérilable, tandis que, dans d'autres circonstances, il agira de suite vigoureusement. Il évite de donner à ses tirailleurs une direction parallèle à celle de l'ennemi, s'il s'agit surtout d'une ligne un peu étendue; celle-ci est disposée un peu obliquement, de manière à déborder insensiblement le flanc de l'ennemi ; il peut encore, en renforçant peu à peu ses ailes, tenter une attaque enveloppante, etc. ”
“ Les mouvements du terrain auront en effet une grande influence sur le placement de la grand'garde, tant au point de vue tactique qu'à celui de la surveillance à exercer. Les communications seront étudiées avec le plus grand soin, en distinguant celles qui peuvent donner accès à l'ennemi des autres qui doivent toujours relier entre eux les petits postes, ceux-ci avec les grand'gardes, et les grand'gardes avec le corps à couvrir. ”
“ La discipline à établir sur la ligne des tirailleurs est d'autant plus nécessaire, que le soldat est plus ou moins abandonné à lui-même, quant à l'usage à faire de son arme, dès que le feu est ouvert : ce n'est que par la préparation du temps de paix qu'il est possible de lui inculquer les principes nécessaires. — Nous avons déjà établi que le soldat ne tire jamais en marchant, qu'il attend l'ordre de son chef pour ouvrir le feu, et qu'il cesse de tirer dès que l'ordre lui en est donné. ”
“ La reconnaissance s'opère d'une manière identique, car le passage d'une route au milieu d'un bois n'est pas autre chose qu'un défilé. Tandis que les éclaireurs de tête et les patrouilles s'engagent comme il a été dit sur le terrain plus ou moins boisé et accidenté qui borde le défilé de chaque côté, la pointe et des escouades de renfort fournies par la tête sont désignées pour les soutenir; des patrouilles lancées sur la droite ou sur la gauche de la position cherchent en même temps à découvrir quelque chemin ou sentier conduisant à l'intérieur ou au débouché du défilé. ”
“ Avec des ressources de cette nature, et si son artillerie et sa cavalerie ne viennent pas à son aide pour répondre au feu de l'ennemi, ou tenter une charge sur la batterie, l'infanterie n'a rien de mieux à faire que de marcher sur la batterie, dans la formation qui donnera le moins de prises aux projectiles de l'adversaire, et en changeant continuellement de position dans des limites d'autant moins restreintes que l'artillerie est plus éloignée. ”
“ C'est alors le moment de l'attaque à la baïonnette. Si le débouché ne présente aucun abri pour les assaillants, ce qui est le cas le plus ordinaire, ils n'ont d autre ressource, quand ils y arrivent, que de se déployer rapidement et de s'élancer sur l'ennemi. Mais il existe quelquefois sur la ligne occupée par le défenseur un point sur lequel on peut espérer de s'établir, surtout si le feu préparatoire de l'assaillant a un peu disposé l'ennemi à l'abandonner (1) : c'est ce point qu'il faut donner comme objectif aux premières troupes chargées de passer le défilé. ”
“ D'où, par suite, nécessité de fractionner les troupes en première ligne, et d'adopter pour elles le mode d'action en ordre dispersé ;-translation forcée du combat sur la ligne de tirailleurs, autrefois chargée seulement de la préparation; et adoption, en principe, de l'offensive, qui est en même temps la forme de combat se prêtant le mieux à l'action des feux. La compagnie est l'unité de combat, la colonne de compagnie le point de départ de tout engagement, et le bataillon, qui reste toujours le centre d'action, est l'unité tactique. ”
“ Les hauteurs permettent de découvrir l'ennemi de loin, rendent la portée et les effets des projectiles plus considérables, donnent de l'incertitude au tir de l'ennemi; leur escalade fatigue l'assaillant, ralentit sa marche et occasionne du désordre dans ses rangs (2) , etc. On distingue dans une hauteur le sommet, la crête, le front, les abords, ou la pente qui regarde l'ennemi, et les flancs. Il faut que le sommet d'une hauteur ait une profondeur telle qu'on y puisse disposer les renforts et la réserve. ”
“ La réserve, avant de concourir à l'attaque finale, a pour rôle de faire échouer les mouvements tournants de l'ennemi, de s'opposer à des attaques de flanc, de renouveler l'attaque que l'on veut faire réussir à tout prix, d'assurer la retraite, en recevant les troupes battues, et enfin d'inspirer une grande confiance aux troupes placées devant elle. ”
“ Le tir à shrapnels sert à battre tous les obstacles animés, à une distance moindre que 2,200 mètres, quand ces obstacles ne sont pas directement protégés par des abris, tels que murs, parapets, etc. On peut aussi, dans certains cas, faire usage du tir à shrapnels contre des buts mobiles : mais, avant de l'employer, on détermine la hausse au moyen d'un tir à obus. Il est alors d'un usage avantageux, quand on doit faire feu contre de grosses masses de troupes, contre des lignes de tirailleurs couchés, contre un ennemi qui se cache dans les plis de terrain. ”
“ Les positions n'ont plus la même importance qu'autrefois, alors que leur valeur était en même temps stratégique et tactique. On n'a pour but, aujourd'hui, dans le choix d'une position, que d'attaquer l'ennemi ou de lui résister plus facilement pendant une période de temps qui est assez courte. Voyons maintenant, d'après la plupart des auteurs, quelles conditions doit réunir une bonne position, que nous supposons être simplement une hauteur. On ne lui demande plus comme autrefois (2) d'être couverte d'obstacles embarrassant plus ou moins la vue. ”
“ Les tirailleurs, déployés concentriquement, s'avancent de chaque côté du chemin, sur un front de 60 à 80 mètres, de manière à ne jamais perdre de vue la pointe qui les précède, et à s'apercevôir toujours entre eux ; les escouades de renfort suivent à la distance voulue en arrière et de chaque côté de la route ; quelques hommes marchent en arrière, à une centaine de pas, pour établir la communication des éclaireurs avec le reste de l'avant-garde. ”
“ Quand les déserteurs sont assez nombreux, le petit poste, pour ne Pas trop se dégarnir, fait prévenir la grand'garde, qui se les tait amener. Si leur nombre est tel qu'il y ait lieu de concevoir des soupçons, la sentinelle avertit par un coup de feu. Car l'envoi d'une troupe simulant des déserteurs et augmentant successivement en force, dans le but d'enlever un poste ennemi, a souvent été employé comme ruse de guerre. ”
“ Une poignée d'hommes peut au moyen de ces accidents du sol opposer à l'ennemi une résistance presque insurmontable. Nous verrons plus loin, au sujet de l'attaque ou de la défense d'un défilé, combien grande est la force de ces positions. Bois. — L'importance des bois vient de la même cause qui a donné naissance à l'ordre dispersé : l'impossibilité de rester à découvert sous le feu. « Les bois permettent aux troupes qui les occupent de voir sans être vues, et de masquer leurs mouvements ; celles qui les attaquent ont à combattre à découvert un ennemi invisible. », (1) . ”
“ Poursuite de l'ennemi. — Il n'y a à rappeler sur ce sujet qu'une prescription bien connue , celle de ne pas s'engager trop loin, tout en donnant la plus grande vigueur à la poursuite, parce que la retraite de l'ennemi peut bien être un stratagème destiné à faire réussir quelque embuscade. Dans la poursuite, faire un grand usage de feux de salves. Ne pas négliger, dans les exercices, de passer par cette partie du combat, pour exercer les hommes à se rassembler rapidement, au signal de leur chef ”
“ En quittant un bois, on s'éloigne promptement de la lisière avant que l'ennemi paraisse. Les défilés et les passages difficiles sont traversés rapidement. On prend position à la sortie, pour arrêter par un feu vigoureux la poursuite de l'ennemi. Un pli de terrain qui n'est pas précédé d'un champ de tir avantageux est de même traversé rapidement. On tire parti d'un terrain coupé pour arrêter la poursuite imprudente et trop vive de l'ennemi, en dirigeant sur son flanc le feu d'une subdivison embusquée, pendant que la chaîne tient solidement sur le front (1) . ”
“ Les postes avancés ne font jamais de feux, si ce n'est par les très-grands froids ; la nourriture est apportée aux soldats par les hommes de l'échelon suivant. On obtient de cette manière, au moyen du poste, avancé, la surveillance exacte du terrain dans tous ses détails. — Quant à la seconde partie du service des avant-postes, le contact avec l'ennemi et l'observation de ses mouvements, ce sont les patrouilles qui en sont chargées, et ce service, dans le système allemand, dépasse de beaucoup en importance celui des postes doubles. ”
“ Le grand et le principal avantage des échelons est le flanquement qu'ils procurent, l'appui qu'ils donnent aux attaques comme à la défense. - C'est surtout au point de'vue du feu que se reconnaît toute l'utilité de cette formation, comme le fait encore ressortir le même auteur. Dans l'attaque, le mouvement est forcément rapide pour gagner une nouvelle position : mais la troupe qui s'avance à découvert et sans tirer se trouve dans une condition défavorable. ”
“ En effet, ce qu'on demande à une arme de ce genre, après cet avantage d'être toujours prête pour le feu au moment décisif, est, non-seulement de permettre un feu rapide, à un instant donné, par la réserve que renferme le magasin, mais surtout de donner au tir une grande justesse. Car, l'arme restant à l'épaule pendant le tir d'un certain nombre de coups, il devient possible, pour une même vitesse de tir, d'ajuster avec tout le soin voulu. ”
“ Dans la petite guerre, les villages sont le théâtre de combats assez fréquents, parce qu'ils servent souvent de lieu de repos aux troupes. L'ennemi, situé en dehors, ne voit pas beaucoup mieux un village qu'un bois, tandis que le défenseur d'un village a sur celui d'un bois l'avantage - de mieux voir et de posséder de meilleures communications entre les défenseurs de l'enceinte et ses réserves (1) . ”
“ Puis il leur montre comment le chef du petit poste, après avoir fait prévenir la grand'garde de l'approche de l'ennemi, se porte en avant, en se faisant précéder de quelques tirailleurs, arrête ses hommes dans les positions de combat désignées à l'avance, et ouvre le feu sur l'ennemi, dès que celui-ci est à bonne portée. L'ennemi, battant en retraite, est suivi de loin par une patrouille rampante. ”
“ Il y a tout d'abord à tenir compte de divers indices, dont la connaissance permet au soldat de suivre les traces de l'ennemi. Bien que l'éclaireur ne soit pas appelé, comme le chef, à tirer certaines conséquences des renseignements qui lui sont demandés, il est évident que son rapport sera bien plus précieux pour ce dernier, s'il comprend plus ou moins le sens des indices qui se révèlent à lui. ”
“ Celui-ci dirigeant un petit détachement (7 à 8 hommes) contre l'une des sentinelles, on leur montre avec quelles précautions il s'avance, comment la sentinelle volante va prévenir, tandis que l'autre continue à observer, jusqu'à ce que, pressée de trop près par l'ennemi, elle tire un coup de feu et batte en retraite sur le petit poste, mais par une ligne oblique, de manière à le démasquer et à ne pas faire connaître son véritable emplacement. Ces chemins de retraite ayant été reconnus à l'avance, le soldat saura toujours celui qu'il doit prendre d'après la direction de l'ennemi. ”
“ Dans l'offensive, l'artillerie, tout en accompagnant l'infanterie, ne doit pas amener ses Prèces jusque sur la ligne des tirailleurs, où elles auraient trop à souffrir des balles ennemies, mais se tenir à peu près à hauteur des deuxièmes lignes de l'infanterie. Elle est alors à bonne distance de tir. Ses autres positions successives sont subordonnées à la marche en avant de l'infanterie; quand arrive le moment décisif, les batteries se trouvent ainsi à bonne distance de l'ennemi. Quand, au contraire, on se tient sur la défensive, il faut Placer l'artillerie vers les ailes. ”
“ La grande difficulté des retraites consiste à choisir le moment favorable pour les commencer; choix qui dépend du tact et de la sagacité du chef. Exercer les hommes à ne pas s'arrêter pour tirailler derrière des abris plus ou moins avantageux, mais à se porter rapidement en arrière, sur une position indiquée à l'avance, et telle qu'elle permette d'opposer à l'ennemi une résistance sérieuse (2) . ”
“ De temps en temps, lorsqu'on peut craindre une attaque de l'ennemi, dans un endroit favorable à une surprise, le train, ralentissant sa marche, s'arrête pour mettre à terre quelques hommes de la tete, qui fouillent le terrain en avant de la voie, et sur les côtés à quelque distance. ”
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