Henri Barbusse

Henri Barbusse

Résumé

Portrait de Henri Barbusse Henri Barbusse Le Feu

Prends ton fusil et viens.
*
* *
...De notre trou d’écoute, nous voyons vers l’est une lueur d’incendie se propager, plus bleue, plus triste qu’un incendie. Elle raye le ciel au-dessous d’un long nuage noir qui s’étend, suspendu, comme la fumée d’un grand feu éteint, comme une tache immense sur le monde. C’est le matin qui revient.
Il fait un froid tel qu’on ne peut rester immobile malgré l’enchaînement de la fatigue. On tremble, on frissonne, on claque des dents, on larmoie. Peu à peu, avec une lenteur désespérante, le jour s’échappe du ciel dans la maigre charpente des nuages noirs.
Source : Gutenberg

Portrait de Henri Barbusse Henri Barbusse Le Feu

Un mort est affalé, debout, à peine de travers, les pieds dans la tranchée, la poitrine et les deux bras couchés sur le talus. Il brassait la terre quand il s’est éteint. Sa face, dirigée vers le ciel, est recouverte d’une lèpre de verglas, la paupière blanche comme l’œil, la moustache enduite d’une bave dure.
D’autres corps dorment, moins blanchis que les autres: la couche de neige n’est intacte que sur les choses: objets et morts.
—Faut dormir.
Paradis et moi, nous cherchons un gîte, un trou où l’on puisse se cacher et fermer les yeux.
Source : Gutenberg

Portrait de Henri Barbusse Henri Barbusse Le Feu

La blancheur lunaire de sa peau appelle et étonne le regard. Ses yeux scintillent: ses dents, aussi, étincellent dans la vive blessure de sa bouche entr’ouverte, rouge comme le cœur.
—Dites-moi... J’vais vous dire... halète Lamuse. Vous m’plaisez tant...
Il avance le bras vers la précieuse passante immobile.
Elle a un haut-le-corps, et lui répond:
—Laissez-moi tranquille, vous me dégoûtez!
La main de l’homme se jette sur une des petites mains. Elle essaie de la retirer et la secoue pour se dégager. Ses cheveux d’une intense blondeur se défont, et remuent comme des flammes. Il l’attire à lui.
Source : Gutenberg

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