Résumé

Impressions de guerre de prêtres soldats… (1916-1917)

Vers quatre heures, les Allemands sont venus sur lui, l'ont retourné; il a montré sa cuisse brisée et, à bout portant, ils lui ont tiré deux balles dans la tète; une lui a arraché les deux yeux. Et il est resté là toute la nuit à dire son chapelet et à m'attendre.
Quand il est installé sur un matelas, un peu lavédu sang qui l'encroûte, je l'absous et, dès lors, il ne cesse de me redire : « Je suis au paradis! Je suis si bien ici ! » Pas une plainte, pas un mot de douleur, toujours le remerciement et la joie comme
d'une extase.
Source : Gallica

Impressions de guerre de prêtres soldats… (1916-1917)

Nous nous sommes battus tout un jour et toute une nuit sous la pluie d'obus qui, plus encore que les balles et les baïonnettes, nous ont décimés. Nous étions dans des tranchées avec de l'eau et de la boue jusqu'aux genoux, à certains endroits, jusqu'à la ceinture.
« En avant, en avant, à la baïonnette ! Allons, mes amis, mes enfants! » On essaye de se sortir de cette boue. Les plus valides viennent au secours des plus faibles, et l'on avance. Mais aussi quel feu! quelle pluie! triple pluie! On dirait que toutes
les nuées se sont rassemblées sur nos têtes, pluie de feu, de shrapnells.
Source : Gallica

Impressions de guerre de prêtres soldats… (1916-1917)

Le plus grand charme de ces intérieurs flamands est la piété profondément catholique qui y règle toute la vie.
Le matin, dès que la famille s'aperçoit, à l'arrivée d'un soldat, que je vais commencer la sainte messe sur l'autel portatif dressé dans une chambre, chacun arrive à son tour pour y assister : petits et grands se tiennent là en parfait silence, égrenant dévotement leur chapelet et suivant du regard tous les gestes du prêtre.
Source : Gallica

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