Charles Delvert

Résumé

Charles Delvert Carnets d'un fantassin (3e mille… (1935)

Ce pays est vraiment délicieux. C'est la haute vallée de la Marne entre Wassy et Saint-Dizier. Prairies, champs de blés, jardins, entre les collines couvertes de bois; pays mamelonné, varié, d'une fraîcheur incomparable.
Le ciel s'est remis au beau. Après avoir fait le tour par Sommeville et Rachecourt, où — dans l'usine — s'entassent les cubes d'acier qui se transformeront en obus, j'ai monté la côte qui domine le village du coté du couchant.
Le chemin monte entre les taillis touffus. Le beau soleil dore les cimes des arbres que le ciel ajoure d'azur.
Source : Gallica

Charles Delvert Carnets d'un fantassin (3e mille… (1935)

Allongés à plat ventre sur le parapet de la tranchée sous la clarté bleue des étoiles, le casque enduit de boue pour que la lune n'y accroche pas de reflet, ils guettent, ils écoutent. Fritz — qui n'est pas loin, derrière ces buissons, où se trouve cette eau dormante, — Fritz n'a qu'à se tenir tranquille. Ah! Vous pouvez dormir en toute sécurité à Paris. Les poilus veillent. Et sitôt la veille terminée, on prend la pelle et la pioche. On creuse des tranchées,
on ravale les fonds, on consolide les parois avec du grillage et des piquets de fer, on façonne les bermes là où c'est possible
Source : Gallica

Charles Delvert Carnets d'un fantassin (3e mille… (1935)

La fusillade, les mitrailleuses crépitent. C'est dans la nuit un fracas confus que répète l'écho de la vallée.
Des fusées rouges partent des tranchées allemandes. Sur le parapet de la tranchée, nous sommes les témoins, muets d horreur, d'un combat mystérieux, dont nous entendons le fracas sans voir les acteurs. De nos lignes s'élèvent sans cesse des fusées vertes: « Allongez le tir! » On entend une mitrailleuse ennemie entrer en action; encore une que la préparation d'artillerie a oubliée.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature