Résumé

Francy Lacroix En plein ciel : impressions d'aviateur… (1918)

Et, en une réalisation inconcevable, l'aviateur plane miraculeusement en plein ciel. Ses ailes, neigeuses de lune, ne sont qu'une lumière diaphane et cisellent sur l'ombre immense leurs esthétiques arabesques. L'air 'est délicieusement étale.
Un calme inexprimable s'épand comme un parfum de l'heure fantomatique où la terre lointaine dort « aériennement ». On rêve, on prie, on aime, on n'est plus homme, on est étoile fugitive au milieu des étoiles.
Le temps fuit, amenant le retour. Ainsi que des cierges, au loin les trois feux vacillent. Le pilote, revenu à lui, répond à leur appel.
Source : Gallica

Francy Lacroix En plein ciel : impressions d'aviateur… (1918)

On se retourne pour bien voir qu'on est seul. Agrandissant le tour de piste coutumier, on s'écarte un peu de l'aérodrome afin d'user de son nouveau pouvoir. Et, fait sans précédent peut-être depuis l'apprentissage, on laisse errer sur le paysage un long regard contemplatif.
Le soleil, très bas sur l'horizon, colore le site de teintes tendres, douces à l'œil, dégradées du rose clair au mauve foncé.
L'ombre de l'avion glisse rapidement sur la campagne. Les champs défilent sous la nacelle et s'immobilisent au lointain.
Source : Gallica

Francy Lacroix En plein ciel : impressions d'aviateur… (1918)

Bien des situations surprennent encore et font courir dans l'être un frisson émotif. Cependant on se sent mieux chez soi dans la nacelle confortable, au grand ciel qui s'agrandit toujours,, au-dessus de la terre rapetissée entre l'éloignement croissant des horizons. Sentiment exquis dont le charme imprègne et grise jusqu'à l'oubli lorsqu'on a la vocation d'aviateur, cette éclosion du panorama qu'on n'avait pas
rêvée, cette lente pénétration des mystères de la navigation aérienne, cette douce communion à la vie d'oiseau, cette assimilation à l'air, toute pleine de découvertes.
Source : Gallica

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