Résumé

Portrait de Jacques Mortane Jacques Mortane Les as peints par eux-mêmes : étude sur les héros disparus (1917)

Héros obscurs comme eux, tous leurs camarades de l'aviation de reconnaissance, qui, eux aussi, s'envolent à l'ordre et tournent sans trêve aù-dessus de l'ennemi, dans la pluie d'acier de sa mitraille. Sentinelles de l'air, sacrifiées comme celles qui montent la garde à terre, coûte que coûte il leur faut rapporter le renseignement précis, découvrir les mouvements de troupes et les nouveaux apports d'artillerie, repérer une position, dénicher une pièce sous son maquillage. C'est grâce à leur sublime dévouement, qu'une attaque ennemie échoue et que chez nous un coup de main réussit.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Mortane Jacques Mortane Les as peints par eux-mêmes : étude sur les héros disparus (1917)

Dans l'aviation, on ne se tue pas seulement devant l'ennemi; on meurt à l'arrière en essayant des appareils, en prenant un départ, et tels qui s'étaient signalés par des exploits héroïques ont trouvé une fin sans gloire après avoir si souvent nargué la mort.
Le mutisme conservé par les communications officielles fait croire parfois, à ceux qui ne savent pas, que l'armée de l'air n'est pas aussi atrocement frappée que les autres.
Quelle erreur! Et lorsqu'on établira après la
guerre la proportion des pertes, je ne serais pas étonné que l'aviation vînt en tête, même avant l'infanterie.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Mortane Jacques Mortane Les as peints par eux-mêmes : étude sur les héros disparus (1917)

Le duel s'engage, mais dès la première balle, ma mitrailleuse s'enraye. Que faire? Abandonner la lutte?
Ah! non, mon adversaire aurait cru que j'avais peur. Alors je décide de rester.
Une sarabande fantastique commence : je vire, cabre, pique autour de l'autre afin d'éviter ses balles. Je tente en même temps de réparer mon arme. Je me sers de mes ongles comme tournevis, tout en calant la direction entre mes jambes. Et sous le feu incessant, je continue mon travail d'armurier. Le plus
ennuyeux, c'est que je m'arrachais les ongles, que je me déchirais les mains et que je m'inondais de sang.
Source : Gallica

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