Résumé

Charles François Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)

Nous nous élançons vers la redoute, nous y montons par les embrasures ; j'y entre au moment où une pièce vient de faire feu. Les canonniers russes nous reçoivent à coups de leviers et de refouloirs. Nous combattons avec eux corps à corps, et nous trouvons de redoutables adversaires. Un grand nombre de Français tombent dans les trous de loup pêle-mêle avec les Russes qui sont déjà dedans. Entré dans la redoute, je me défends avec mon sabre contre les canonniers, et j'en sabre plus d'un. L'impétuosité de nos soldats est telle, que nous dépassons la redoute d'une cinquantaine de pas.
Source : Gallica

Charles François Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)

Le soir nous bivouaquons au pied de Bir-el-Abd, montagne de sable, après quatre lieues d'une marche fatigante ; nous y trouvons de l'eau saumâtre.
Le 7 février, nous nous remettons en route de grand matin.
Après huit heures de marche dans une plaine sablonneuse, sur laquelle se perdaient nos regards et qui était comme un brasier ardent, nous faisons une halte de deux heures. Chaque homme emploie son temps à boire aux outres avec son chalumeau ; mais l'eau est tellement corrompue par l'ardeur du soleil et par l'odeur des peaux, que nous essayons vainement d'étancher notre soif.
Source : Gallica

Charles François Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)

D'ailleurs, il me semble avoir plus souffert de la chaleur en Égypte, que je ne souffre du froid en Russie.
La mort s'offre sous tant de formes hideuses, qu'on devient sourd aux cris douloureux qui vous poursuivent de tous côtés. Un infortuné tombe-t-il, on détourne froidement ses regards pour ne pas le voir, et on l'abandonne malgré ses plaintes.
On marche à grands pas, tant que le jour dure, dans l'espoir de trouver, le soir, quelques ressources dans l'endroit où l'on fera halte. On ne s'arrête donc qu'à la nuit, et la mort, que l'on veut fuir, vous entoure encore.
Source : Gallica

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