Résumé

Mémoires d'un conscrit de 1808… (1892)

Quoi qu'il en soit, à neuf heures du soir, nous reprîmes la route de Baylen.
Les Espagnols, en jetant quelques obus, avaient mis le feu à un champ de blé, l'incendie gagna une superbe plantation d'oliviers et éclaira notre marche jusqu'à une assez, grande distance. La nuit devint obscure, on marchait comme la nuit précédente, tout en dormant. Soudain un bruit confus de pas, de cliquetis d'armes se fait entendre, tous les rangs se rompent, le désordre est à son comble. La division entière se jette dans un petit bois qui borde le chemin
Source : Gallica

Mémoires d'un conscrit de 1808… (1892)

« Sentinella alerta! » criaient les Espagnols, « Sentinelles prenez garde à vous! » criaient d'un autre côté les Français. Nous craignions que notre guide ne nous fit tomber dans quelque poste espagnol, mais heureusement nous gagnâmes sans accident un des faubourgs de la ville. Nous en traversâmes une partie ; les rues étaient couvertes de cadavres des deux partis. Nous passâmes devant le couvent dont les
moines avaient le matin fait sur nous un feu si sou.
Source : Gallica

Mémoires d'un conscrit de 1808… (1892)

M. Buron tira son sabre et la rixe eut pu avoir des suites fâcheuses si mes camarades et moi ne les eussions séparés. Le calme rétabli, je parvins à savoir que ce qui avait paru être un poison, n'était autre chose que du piment (poivre d'Inde ou poivre long pulvérisé) et que, de même que les Espagnols, les habitants de Saint-Jean-de-Luz employaient avec profusion pour assaisonner leurs aliments. La paix se cimenta le verre à la main et bientôt après nous
allâmes chercher dans le sommeil un repos que les fatigues de la journée nous avaient rendu nécessaire.
Source : Gallica

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