Sébastien Blaze, Mémoires d'un apothicaire sur la Guerre d'Espagne… (1828)
“ Je ne tenterai pas de décrire les transports de joie, les mouvemens d'impatience de mes huit mille compagnons d'infortune, à la vue de l'armée française triomphante. Nous n'en sommes éloignés que de deux lieues, mais c'est la mer qui nous sépare. L'espoir de recouvrer cette liberté si chérie et si désirée fait affronter les dangers les plus grands, ils disparaissent à nos yeux; les malheurs du ponton deviennent insupportables, et la liberté nous attend sur la côte. Tous les nageurs veulent se confier à l'onde pendant la nuit, et tenter la fortune; tous se noient, ou sont repris et mis à mort. ”
