“ Le petit saumur d’Émile était capiteux en diable. Ernest commençait à avoir la langue pâteuse, mais ses doigts conservaient toute leur lucidité et les habitantes de Genlis commençaient à ne pas regretter leur voyage. Elles devenaient gaies et friponnes à leur tour, et une chaleur douce et pénétrante leur courait le long de l’épine dorsale : — Mon petit marquis, fais-moi mourir, dis ! implorait Mme de Throuardan. — J’ veux de l’amour, tout plein d’amour, y m’en faut ! affirmait Madame Douminey, née Appoel. — Émile, hurla le chasseur, apportez de l’amour pour ces dames ! ”
Charles François
Élements biographiques
Charles François, auteur français du XIXe siècle, explore avec acuité les tensions entre désir et moralité, amour et ambiguïté sociale dans une œuvre marquée par l’intensité émotionnelle.
Son roman VIII et son Journal d’un officier français révèlent une prose saisissante, oscillant entre le lyrisme erotique et la narration historique. À travers des personnages aux pulsions contrariées, il déconstruit les normes conjugales et les enjeux politiques, illustrant ainsi une sensibilité à la fois romantique et critique.
Citations de Charles François
“ Orgueilleuse, elle renseigna l’amie : — Il est avocat ! Jeanne s’esclaffa : — Ma chérie ! le mien est dans les affaires, de grosses affaires... un trust, tu comprends... la crise pour lui n’existe pas, c’est un fortiche... — Un fortiche ! — Mais oui, nigaude, un fortiche... un fort... tu comprends... il gagne beaucoup d’argent... alors, le luxe, des frusques, des dessous, des bijoux... mais parlons de toi... Tu l’aimes, au moins, petite sotte, cet avocat ? Marceline eut un frisson, tout le corps révulsé de désirs : — Je l’adore ! ”
“ Les rêves reprirent avec plus d’acuité, elle aspira à des étreintes affolées, elle rêva à toute une gymnastique compliquée, à des caresses bizarres... elle se gava d’une littérature pleine de lyrisme qui exaltait encore ses désirs. Et sans cesse, elle pensa à Maurice, elle se vit dans ses bras et se jura que lui, au moins, saurait lui arracher le cri suprême de la passion heureuse. Elle revit Jeanne, qui l’invita pour le samedi suivant. Elle n’eût garde de manquer à ce rendez-vous, y courant, le cœur étreint par une angoisse morbide. Maurice s’étonna de la continuelle absence de René. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ Nous nous élançons vers la redoute, nous y montons par les embrasures ; j'y entre au moment où une pièce vient de faire feu. Les canonniers russes nous reçoivent à coups de leviers et de refouloirs. Nous combattons avec eux corps à corps, et nous trouvons de redoutables adversaires. Un grand nombre de Français tombent dans les trous de loup pêle-mêle avec les Russes qui sont déjà dedans. Entré dans la redoute, je me défends avec mon sabre contre les canonniers, et j'en sabre plus d'un. L'impétuosité de nos soldats est telle, que nous dépassons la redoute d'une cinquantaine de pas. ”
“ L’amour s’ornait de multiples condiments, de préparatifs étranges et de décors bizarres. Elle ne supposait point que la faculté de sentir fût unique, quel que fût le compagnon. Elle s’attendait à des pâmoisons quasi douloureuses sous l’étreinte du plaisir. Ce que lui avait donné son mari n’était que la portion congrue destinée à la femme honnête, elle voulait mieux parce qu’elle supposait qu’il y avait autre chose. L’après-midi, elle rencontra André. Il fut tendre, amoureux, prometteur, comme de coutume. Alors, en rougissant, elle parut fléchir et accepta un rendez-vous pour le jour suivant. ”
“ Sa coquetterie instinctive l’empêchait de se juger inférieure à Jeanne et elle croyait que son ignorance amoureuse était un charme de plus pour Maurice. Elle voulut contempler son corps, son corps presque vierge. À la hâte, elle enleva sa petite robe, aspirant avec délices l’odeur capiteuse de sa chair jeune et saine. Elle frôlait son ventre ferme, s’attardait, caressait sa croupe nerveuse, prenait à pleine main son sein d’un modèle si pur, s’amusait à en serrer la pointe et s’amusait à le voir devenir turgide. ”
“ Et une après-midi elle sonna chez Jeanne. Maurice était là, libre par hasard. La visiteuse trouva donc le couple au salon et se sentit aussitôt ragaillardie par l’affabilité de ses hôtes. Sans bien s’en apercevoir, elle devint subitement gaie comme eux, d’une exubérance légère, un peu sceptique, un peu nerveuse aussi. Elle admirait surtout la tendresse câline qui unissait les deux époux, leur liberté d’allure vis-à-vis l’un de l’autre. Pas une minute elle ne douta que l’amour le plus sincère les unît et elle les envia. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ Cette nuée d'hommes armés essaye d'entamer nos carrés par des charges continuelles d'une innombrable cavalerie, par les attaques d'une infanterie qui se précipite sur nous en désordre et en poussant, selon l'usage des Orientaux, des cris épouvantables; chaque fois notre masse inébranlable, qui leur offre la mort de toutes parts, les repousse par un feu de file bien nourri, pendant que notre artillèrie les foudroie de sa mitraille et fait un ravage terrible dans leurs rangs. ”
“ Le lendemain, Line, effondrée dans un fauteuil, lisait le billet suivant : Ma pauvre chérie, Tu es certainement une petite bête et je te vois courir gaiement à ta perte, je préfère cependant que tu exerces tes talents de séduction auprès d’un autre que mon mari. Tu ne t’étonneras donc pas de ne plus nous revoir. Inutile d’ajouter que j’ai surpris hier ton manège vis-à-vis de Maurice. Crois-moi, le plus paisible des époux vaut mieux que l’amant le plus troublant. À toi quand même, Jeanne. ”
Charles François, I. Dans le train
“ Et d’une, passons à la deuxième beauté genlisienne, Mme de Throuardan, la femme du conservateur des hypothèques, plus toute jeune non plus, comme sa complice entre quarante et cinquante, mais elle a encore de la ligne ; c’est une grande femme maigre, très brune, au nez busqué, aux yeux sombres et ardents, à la cuisse nerveuse et lascive. Guy ne les connaît que trop, hélas ! les deux pécores. Il s’en souviendra toute sa vie, même quand il sera maréchal de France, de sa première visite à Madame la Sous-préfète. ”
“ Le jeune homme demeura invisible, préférant la paix du foyer aux bouleversements inutile d’un adultère. L’homme est naturellement paresseux, il ne recherche pas l’effort, pour le simple plaisir de se mouvoir, il lui faut un moteur qui, le plus souvent, sera l’orgueil, rarement l’amour. Or, la vanité de Maurice était satisfaite, il avait échappé au surcroît de besogne que lui aurait procuré une maîtresse, sans qu’il lui en coûtât un geste. De cela, il était vraiment reconnaissant à Jeanne et l’en admirait un peu plus. ”
“ De nouveau, elle s’enferma dans sa chambre et pensa à Maurice. De son pyjama, elle ne conserva que la petite veste, largement ouverte et qui ne voilait rien de son corps énervé, de ce corps qu’elle caressait, lorsque le rêve devenait plus précis, d’un geste saccadé et convulsif. Cuisses serrées, blottie dans une énorme bergère, une à une elle compta toutes les qualités de l’amant futur, notant au passage tous les défauts du mari. ”
“ L’autre éclata d’un grand rire bruyant, glissa son bras sous celui de son amie qui, à ce contact, ne put s’empêcher de tressaillir, toute sa chair en émoi. — Tu descends avec moi, mignonne aimée ? Nous causerons... de choses intimes... tu veux bien... Marceline hésitait... Cette Jeanne, si lascive, si caressante, si animale... elle en avait un peu peur... et cependant, comme elle savait l’embrasser ; comme sa langue audacieuse avait vite fait de desserrer ses lèvres qui ne voulaient pas... mais qui bientôt se rendaient à merci. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ Ce jour-là, j'affrontai tous les dangers sans la moindre crainte de la mort; elle ne m'avait pas atteint dans la terrible mêlée de la matinée, et je me croyais invulnérable. Je montai sur le parapet d'un boyau où, servi par deux de mes camarades qui chargeaient mon fusil et les leurs, je ne faisais que tirer les armes qu'ils me passaient. Je me trouvais tout à fait à découvert sous le feu de la mousqueterie de l'ennemi, qui tirait des remparts sur moi. Je reçus huit balles, mais deux seulement me firent une contusion à la cuisse droite. ”
“ Ce n’est pas la même chose... ma chérie à moi ; ton corps, ton joli corps, je le connais... sur le bout du doigt... tu me l’as donné, je l’ai parcouru de baisers fous, tu es prête pour la grande initiation, tu ne la retardes que pour mieux la savourer... tu seras consentante, désireuse, tout ton corps s’offrira, prêt à souffrir d’abord, pour éprouver ensuite la grande secousse, celle qui te donnera à moi pour toujours. Pourquoi considérer cette jouissance comme quelque chose de défendu, de dérobé ? Notre amour peut s’afficher en plein jour, il est légal, il est humain ! ”
Charles François, I. Dans le train
“ Pauvre petit sous-lieutenant, il part, il fuit Genlis et surtout les Genlisiennes, et à peine arrivé sur le quai, il recule, épouvanté : Devant lui, venant à sa rencontre, deux femmes, le sourire sur leurs lèvres fanées, s’avancent, la tête haute, la poitrine en bataille. La jolie figure du jeune homme se contracte en un sourire douloureux : — Ah ! quel bonheur, s’exclame l’une d’elles, nous allons voyager ensemble ! Guy s’incline, murmure un « Trop flatté ! » ironique, et cherche à s’esquiver, mais en vain. ”
“ Une fois mariée, on est une individualité, on vit réellement avec un but, on peut se permettre un idéal. Songer à soi, à son corps, à sa chair... trouver, chercher, choisir celui qui peut l’émouvoir... changer aussi... tu comprends ! On n’est plus sous une tutelle étroite qui paralyse le meilleur de nous-mêmes. Et, entends-moi bien, je parle même pour le mariage de la main gauche, parce que toi tu accomplis un acte de liberté qui fait de toi une individualité. La vieille fille, par contre, reste toujours un être amorphe, souvent pitoyable. ”
“ Elle accepta, préférant encore avoir son mari à côté d’elle, plutôt que de se priver de voir Maurice. Son exaltation s’accrut cette après-midi, elle étudia le jeune homme, lui découvrit des qualités nouvelles, envia et détesta Jeanne. La gaieté naïve du couple, qui ne croyait pas au mal, parce qu’il ne le pratiquait pas, augmentait encore leur intimité, qui se doubla d’un laisser-aller charmant. Alors, Marceline eut une idée perverse, elle souhaita que René plut à son amie, afin d’avoir une liberté entière auprès de Maurice. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ Pour moi, armé de ma béquille, couvert d'une pelisse rose doublée d'hermine, le capuchon sur la tête, je chemine avec mon fidèle soldat et mes deux chevaux qui, malgré la liberté que nous leur laissons, nous suivent pas à pas. Nous avons le soin de marcher toujours avec la plus grande partie du reste du régiment. Manquant de vivres, nous mangeons les chevaux dont les cadavres bordent notre route; mais, étant d'arrière-garde, nous ne trouvons souvent que des restes de ces animaux, qui ont été mangés en partie par ceux qui nous précèdent. ”
“ Nul mieux que Maurice ne présentait toutes les qualités requises et, quoi qu’il lui en coûtât de faire les premières tentatives, elle s’y résolut enfin. Néanmoins, elle se refusa à mener l’affaire à la hussarde ; elle se persuadait toujours qu’il y avait au fond de son cœur un grand amour pour le jeune homme. Elle rêva donc d’une cour poétique, durant laquelle ils iraient par les chemins solitaires du Bois, goûter aux douceurs des flirts platoniques en attendant le suprême abandon. Et, une après-midi, au lieu de rejoindre André, elle fixa un rendez-vous à Maurice. ”
Charles François, I. Dans le train
“ Comme par hasard, une croupe audacieuse plutôt que ferme vint se frotter contre sa cuisse. Un mouchoir habilement jeté à terre, un amour de sous-lieutenant qui se baisse pour le ramasser, une grosse femme qui esquisse le même geste, qui glisse, qui tombe et qui murmure : — Petite crapule, vous ferez de moi tout ce que vous voudrez ! Il y a des situations dans la vie où un galant homme ne peut pas agir comme un muffle. Guy s’était exécuté sans joie, évidemment, avec un peu de pitié pour la grosse mémère énamourée. ”
“ Jeanne ne remarqua rien, ayant confiance en son mari, et Maurice fut encore plus aveugle, manquant autant de fatuité que de désirs. Ils restèrent donc camarades jusqu’au bout avec, cependant, un peu plus d’intimité. Line les quitta tristement et retourna au logis, en proie à une émotion violente. Soudain, elle se disait qu’elle avait manqué sa vie, que son ignorance l’avait empêchée de choisir justement l’homme qui devait être le compagnon de son existence. Bien vite, elle méprisa le mari ; non seulement elle le jugea inférieur à l’autre, mais à tous les hommes en général. ”
“ Il obtint ainsi le résultat contraire, elle vit dans cette manière d’agir une preuve indubitable d’amour et, ne sachant encore rien de la vie, s’abandonna brusquement à l’affolement de sa passion. Ne voyant plus rien que l’aimé, elle se laissa aller contre lui, sa joue toucha son épaule et le sourire de ses lèvres rouges était, à lui seul, une offre de son corps. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ D'ailleurs, il me semble avoir plus souffert de la chaleur en Égypte, que je ne souffre du froid en Russie. La mort s'offre sous tant de formes hideuses, qu'on devient sourd aux cris douloureux qui vous poursuivent de tous côtés. Un infortuné tombe-t-il, on détourne froidement ses regards pour ne pas le voir, et on l'abandonne malgré ses plaintes. On marche à grands pas, tant que le jour dure, dans l'espoir de trouver, le soir, quelques ressources dans l'endroit où l'on fera halte. On ne s'arrête donc qu'à la nuit, et la mort, que l'on veut fuir, vous entoure encore. ”
“ Vaguement, elle attribuait aussi son échec à René et le détesta un peu plus, tout en le méprisant secrètement parce qu’il n’avait pas su créer en elle cette passion exorbitante qu’elle appelait l’amour. Après ce premier abattement, il y eut évidemment une réaction violente. Avec colère, elle se révolta contre la destinée qui l’avait faite malheureuse, le cœur vide et les sens inassouvis. De même, elle ne voulut pas admettre que, contrairement à toutes les femmes, elle ne put s’attacher à un amant. ”
“ Le repas fut d’une gaieté particulière, et ensuite, tout en prenant le café, René se rapprocha de Jeanne et flirta aimablement. Elle rit, sans craindre le danger, ne doutant point de l’amour unissant l’autre couple. Line, voyant le succès de sa tentative, s’installa près de Maurice. Jambes croisées, elle le frôla, se pencha, lui laissant apercevoir sa poitrine avec ses seins menus, dont les pointes turgides se gonflaient de désirs. Elle le frôla de si près qu’il la sentait trembler de désirs. Les yeux mi-clos, très près du spasme, elle était émouvante. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ A 5 heures et demie, le régiment fait halte à mi-côte du ravin. Un soleil sans nuage brille au-dessus de nos têtes : c'est le soleil d'Austerlitz, il est le présage de la victoire. A 6 heures du soir, un coup de canon, tiré par l'artillerie de la Garde, donne le signal du combat. Cent vingt bouches à feu, à notre extrême droite, commencent l'action. Notre régiment descend le ravin et en monte ensuite l'autre côté en ligne de bataillle ; marche fatigante et difficile, surtout lorsque les obus éclatent audessus de nos têtes et portent la mort dans nos rangs. ”
“ Brusquement, elle se vit l’objet d’une popularité sournoise ; autour de sa mignonne personne gravita un essaim de mâles, célibataires et mariés, à la recherche de sensations neuves. Avec des sous-entendus malicieux, on lui glissa dans l’oreille que rien de sa conduite était ignoré. Elle finit par se convaincre et s’effraya un peu. Mais cette crainte s’évanouit bien vite devant la tranquillité du mari. Alors elle n’eût plus peur, éprouvant plutôt une sorte d’orgueil que l’on connût son adultère, parce qu’il affirmait au dehors la valeur de ses charmes. ”
“ Froide ! quand elle renfermait un brasier ardent qu’un peu de passion suffisait à enflammer. Satisfait cependant dans son égoïsme d’homme, il n’avait pas réclamé davantage et conservait cette situation supérieure que flattait sa vanité. Huit jours durant, Line rêva de Maurice, il représentait pour elle le mari idéal, l’amant qui procurait à la compagne l’amour violent et les caresses secrètes auxquels elle aspirait. Il devait les connaître, lui, tous les gestes d’amour qui éveillent la sensualité... il devait être câlin, patient, puis fougueux... il devait tout oser, lui... ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ Ma compagnie se trouvait à droite et devait s'emparer d'une batterie ennemie peu éloignée du bord de la mer. Nous étions tous couchés le ventre à terre, le fusil armé et la baïonnette bien aiguisée, retenue par une courroie de la douille à la deuxième capucine. Les remparts étaient plus éclairés qu'à l'ordinaire; un cordon de lanternes était établi le long des murs ; cette lumière, jointe à celle des matières inflammables et à celle des pots à feu lancés à chaque instant, éclairait parfaitement les glacis. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ Nul ne songe à conserver l'or ou les bijoux qu'il a ramassés dans les ruines de Moscou; chacun s'efforce à ne point mourir de faim. Bientôt le froid, qui devient chaque jour plus vif, doit s'ajouter à la famine pour anéantir notre armée, cette armée si belle quand elle traversa le Niémen ! Tant de privations démoralisent les soldats, qui, marchant sans regarder devant eux, heurtent indistinctement les généraux ou les camarades. Tous, ayant l'air égaré, sont couverts de fourrures plus ou moins riches et dont l'ensemble présente une diversité de costumes des plus bizarres. ”
“ C’est un fait presque mécanique qui se produit à peu près toujours. Il résulta donc de tout cela que Maurice n’attendit plus qu’une occasion de gagner son premier chevron dans la carrière de Don Juan. Lorsque les invités se retirèrent, il était absolument en effervescence, sa poignée de main à Line fut plus vigoureuse que de coutume, avec quelque chose de mystérieux qui indiquait qu’ils s’étaient compris. Marceline revint donc au logis, radieuse, certaine de toucher au bonheur. Vis-à-vis de son mari, elle continua de se montrer hautaine et méprisante. ”
Charles François, Le journal d'un officier français ou Les cahiers du capitaine François… (1913)
“ Ce bruit se mêle à l'explosion des caissons qu'on est obligé de faire sauter, ne pouvant plus les tramer et ne voulant pas les abandonner à l'ennemi. Fréquemment, un bruit plus affreux nous terrifie : ce sont les cris des malheureux qui, n'ayant plus de force, tombent sur la neige, poussent les plus lugubres gémissements, luttent en vain contre la plus effrayante agonie et meurent mille fois en attendant la mort. Ici, un groupe de soldats, rugissant comme des tigres, se battent autour de la carcasse d'un cheval pour s'en disputer les lambeaux. ”
