“ Et une après-midi elle sonna chez Jeanne. Maurice était là, libre par hasard. La visiteuse trouva donc le couple au salon et se sentit aussitôt ragaillardie par l’affabilité de ses hôtes. Sans bien s’en apercevoir, elle devint subitement gaie comme eux, d’une exubérance légère, un peu sceptique, un peu nerveuse aussi. Elle admirait surtout la tendresse câline qui unissait les deux époux, leur liberté d’allure vis-à-vis l’un de l’autre. Pas une minute elle ne douta que l’amour le plus sincère les unît et elle les envia. ”
Charles François
Résumé
“V”, est une œuvre de Charles François. Des thèmes tels que Marceline, Jeanne ou Maurice y sont abordés.
Citations de V (Charles François)
“ Les rêves reprirent avec plus d’acuité, elle aspira à des étreintes affolées, elle rêva à toute une gymnastique compliquée, à des caresses bizarres... elle se gava d’une littérature pleine de lyrisme qui exaltait encore ses désirs. Et sans cesse, elle pensa à Maurice, elle se vit dans ses bras et se jura que lui, au moins, saurait lui arracher le cri suprême de la passion heureuse. Elle revit Jeanne, qui l’invita pour le samedi suivant. Elle n’eût garde de manquer à ce rendez-vous, y courant, le cœur étreint par une angoisse morbide. Maurice s’étonna de la continuelle absence de René. ”
“ Jeanne ne remarqua rien, ayant confiance en son mari, et Maurice fut encore plus aveugle, manquant autant de fatuité que de désirs. Ils restèrent donc camarades jusqu’au bout avec, cependant, un peu plus d’intimité. Line les quitta tristement et retourna au logis, en proie à une émotion violente. Soudain, elle se disait qu’elle avait manqué sa vie, que son ignorance l’avait empêchée de choisir justement l’homme qui devait être le compagnon de son existence. Bien vite, elle méprisa le mari ; non seulement elle le jugea inférieur à l’autre, mais à tous les hommes en général. ”
