Claude-Adrien Helvétius,
De l’Esprit
“ C’est alors qu’on sent en soi des semences enflammées de vertus et de talents. La force et la santé qui circulent alors dans nos veines y portent le sentiment de l’immortalité ; les années paroissent alors s’écouler avec la lenteur des siecles ; on sait mais on ne sent pas qu’on doit mourir, et l’on en est d’autant plus ardent à poursuivre l’estime de la postérité. Il n’en est pas ainsi lorsque l’âge attiédit en nous les passions. On apperçoit alors dans le lointain les gouffres de la mort. Les ombres du trépas, en se mêlant aux rayons de la gloire, en ternissent l’éclat. ”
