Claude-Adrien Helvétius,
De l’Homme
“ L’habitude d’une impression en émousse la vivacité. Je vois froidement ce que j’ai toujours vu, et le même beau cesse à la longue de l’être pour moi. J’ai tant considéré ce soleil, cette mer, ce paysage, cette belle femme, que, pour réveiller de nouveau mon attention et mon admiration pour ces objets, il faut que ce soleil peigne les cieux de couleurs plus vives qu’à l’ordinaire, que cette mer soit bouleversée par les ouragans, que ce paysage soit éclairé d’un coup de lumiere singulier, et que la beauté elle-même se présente à moi sous une forme nouvelle. ”
