Louis-Sébastien Mercier,
L’An deux mille quatre cent quarante
“ Notre justice est forcée de condamner aujourd’hui un de nos concitoyens à perdre la vie, dont il s’est rendu indigne en trempant une main homicide dans le sang de son frere. Il y a plus de trente ans que le soleil n’a éclairé un semblable forfait : il faut qu’il s’expie avant la fin du jour. Oh ! que j’ai versé de larmes sur les fureurs où se porte une aveugle vengeance ! Avez-vous appris le crime qui s’est commis avant-hier au soir ?... Ô douleur ! ce n’est donc pas assez d’avoir perdu un vrai citoyen, il faut que l’autre subisse encore la mort... ”

