Résumé

D' Alembert Lettres persanes, de Montesquieu… (1828)

Mais ce qui afflige le plus mon cœur, ce sont mes femmes. Je ne puis penser à elles que je ne sois dévoré de chagrins.
Ce n'est pas, Nessir, que je les aime; je me trouve à cet égard dans une insensibilité qui ne me laisse point de désirs. Dans le nombreux sérail où j'ai vécu, j'ai prévenu l'amour et l'ai détruit par lui-même; mais de la froideur même il sort une jalousie secrète qui me dévore. Je vois une troupe de femmes laissées presque à elles-mêmes; je n'ai que des ames lâches qui m'en répondent.
Source : Gallica

D' Alembert Lettres persanes, de Montesquieu… (1828)

Je te l'avoue, Usbek, je n'ai jamais vu couler
les larmes de personne sans en être attendri : je sens de l'humanité pour les malheureux comme s'il n'y avoit qu'eux qui fussent hommes ; et les grands même, pour lesquels je trouve dans mon cœur de la dureté quand ils sont élevés, je les aime sitôt qu'ils tombent.
En effet, qu'ont-ils à faire, dans la prospérité, d'une inutile tendresse ? elle approche trop de l'égalité. Ils aiment bien mieux du respect, qui ne demande point de retour.
Source : Gallica

D' Alembert Lettres persanes, de Montesquieu… (1828)

USBEK A IBBEN.
A Smyrne.
J'ai reçu une lettre de ton neveu Rhédi : il me mande qu'il quitte Smyrne dans le dessein de voir l'Italie ; que l'unique but de son voyage est de s'instruire, et de se rendre par là plus digne de toi.
Je te félicite d'avoir un neveu qui sera quelque jour la consolation de ta vieillesse.
Rica t'écrit une longue lettre : il m'a dit qu'il te parloit beaucoup de ce pays-ci. La vivacité de son esprit fait qu'il saisit tout avec promptitude : pour
moi qui pense plus lentement, je ne suis en état de te rien dire.
Source : Gallica

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