Résumé

Un mois de soleil... (1908)

Je me rends aujourd'hui vers l'oued Abdi, l'une des principales vallées de l'Aurès qui, presque toujours réduites à un ravin, tellement elles sont resserrées, strient parallèlement, à la façon d'un diamant sur du verre, le bloc montagneux du nord-est au sud-ouest. La piste muletière se perd maintes fois dans le roc, traverse de nombreux petits torrents aux abords desquels elle circule souvent dans des bosquets de lauriers-roses en fleur, hauts comme des arbres. Elle côtoie quelques parties d'orge clairsemée, puis passe, comme hier, au milieu des touffes de genévriers.
Source : Gallica

Un mois de soleil... (1908)

Nous traversons l'oasis de Nefta, longue de 7 kilomètres, tout à fait admirable par ses accidents de terrain, les sinuosités plus pittoresques, à chaque détour, de l'oued circulant à pleins bords entre les murs de ses jardins, par les cultures luxuriantes qui se développent sous les palmiers, piments, citrouilles, pastèques entre autres, enfin par les marabouts qui s'y dressent, comme à souhait, pour les yeux, sous les grandes palmes vertes, à l'issue d'un chemin creux, à l'intersection de deux bras d'oued.
Source : Gallica

Un mois de soleil... (1908)

Spectacle inoubliable et vraiment saisissant de majesté, de simplicité, qui donne mieux que la mer aux reflets changeants l'idée de l'indéterminé, de l'infini, de l'immobilité absolue. C'est un steppe comme saupoudré de sel blanchâtre, où les touffes de diss se succèdent tous les deux ou trois mètres avec une parfaite continuité. C'est un manteau uniformément tacheté de blanc et de vert étendu sur un horizon indéfini. C'est le Bled tout court et je comprends aujourd'hui ceux qu'il charme par son vide même. La nature s'y montre sans artifice, au repos complet et cette nudité attire et séduit.
Source : Gallica

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