Félix Hun

Élements biographiques

Félix Hun Une excursion dans la Haute-Kabylie… (1859)

J'offre le café à la satisfaction générale. Offrir le café aux Kabyles, c'est comme si on offrait la goutte à nos troupiers. C'est un temps d'arrêt en chemin ; c'est l'occasion de jaser, de rire, etc. Un kabyle allume du feu avec mes allumettes fulminantes, ce qui l'amuse beaucoup. Je fais faire le café par Saïd. C'est mon élève; mais il n'est pas encore cependant très-fort. Je régale toute la société, par deux ; car je n'ai que deux petites tasses à caté, en fer battu. Çà n'est pas élégant, mais çà ne casse pas. Sidi, mon cher Sidi, je t'en prie, ménage mon sucre.
Source : Gallica

Félix Hun Promenades en temps de guerre chez les Kabyles… (1860)

Elle n'a pas son vif éclat de bel argent brillant, mais la triste lueur du plomb gris pâlissant. Elle éclaire étrangement les aspects de la mer et des montagnes. Ce n'est ni le jour, ni la nuit, ni la vie, ni la mort. Le silence même serait absolument muet et inerte, comme toute cette nature, si ce n'était un léger bruit de rames, les petits frôlements et clapotements des eaux, autour et contre le bateau, et quelques paroles à mi-voix, brèves et nettes de nos pêcheurs, et qui frappent l'oreille à travers le calme de l'air, comme si elles étaient lancées de près.
Source : Gallica

Félix Hun Une excursion dans la Haute-Kabylie… (1854)

Sidi lui-même vient se coucher à mes côtés.
La flûte champêtre, la flûte de roseau des bergers de Virgile, n'est plus une fable, un mythe : Ali me joue tout son répertoire, les airs des Béni Ala, des Béni Mechedalas (où nous sommes) , des Béni Secca, des Zouaouas, etc. : ce dernier surtout a quelque chose d'étrange, et même de compliqué, fort original; moi, qui retiens assez facilement la musique d'un opéra, je ne puis me le fourrer dans la tête.
Je n'aime pas notre flûte ; elle est prétentieuse, vaniteuse, impuissante et fausse; ce n'est ni la voix humaine, ni la voix des oiseaux.
Source : Gallica

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