Résumé

Dr Bernard L'Algérie qui s'en va , par le Dr Bernard… (1887)

Derrière nous, longue et irrégulière, s'étend la muraille que dépassent les palmiers. Notre tète est à l'ombre, mais nos pieds sont dans le désert. Et des points noirs paraissent sur l'horizon blanc. Il y en a cent; il y en a cinq cents; il y en a mille. Ils forment une longue ligne qui s'étend, qui s'allonge et qui s'avance sur la plaine, comme l'ombre d'un nuage. Ce sont des chameaux. Ils viennent de là-bas où il n'y a rien que le soleil sur le sable éblouissant. Ils ont marché toute la nuit; ils sont pressés et ils courent, soulevant la poussière en nuages rouges.
Source : Gallica

Dr Bernard L'Algérie qui s'en va , par le Dr Bernard… (1887)

Vers le nord, entre le pays des Trafis, à l'est, et celui des Hamyans, à l'ouest, s'étend la plaine immense, et au loin, comme une mer d'argent, les chotts brillent aux premiers rayons du soleil ; autour de nous se creusent des ravins desséchés et ondulent des croupes nues. Encore une courte ascension, nous atteignons un sommet, et, tout à coup, un horizon immense s'étend à nos yeux; c'est le Sud, le Sud dans sa lumineuse splendeur.
a Voyez, dit notre compagnon, là-bas, sous nos pieds, c'est la grande plaine d'El-Bahar, encore une mer d'alfa, avec son chott, la Sebka-en-Naama.
Source : Gallica

Dr Bernard L'Algérie qui s'en va , par le Dr Bernard… (1887)

Voici l'un des plus grands de l'Algérie, le chott ElChergui. C'est plus triste, plus étonnant encore* que la mer d'alfa.
La côte ne se distingue nulle part, l'horizon paraît à peine ; quelque chose de rouge qui poudroie au loin marque seulement la séparation du ciel et de la terre. Et sur cet espace qui semble infini, sur ce miroir plat comme la surface d'un lac glacé, pas une goutte d'eau, rien qu'une épaisse croûte blanche, éblouissante au soleil. Rien ne vit ici, c'est le néant, c'est la grandeur funèbre, c'est la majesté puissante des steppes de neige.
Source : Gallica

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