Résumé

Histoires américaines (7e édition… (1928)

Je n'ai pas toujours aimé cette Amérique. Au temps où je m'engourdissais dans la langueur savante de la civilisation du vieux monde et dans son atmosphère saturée de souvenirs, j'ai déploré la découverte du continent américain. Je me souvenais que cette terre neuve fut d'abord noyée dans le sang par la méchanceté et la rapacité des hommes et qu'elle s'en était vengée en empoisonnant chez nous les sources de la vie. Puis les gens qui venaient de là ne me plaisaient point. Le type du Yankee offensait ma douceur et ma naturelle indolence.
Source : Gallica

Histoires américaines (7e édition… (1928)

Harris est un des hommes les plus sveltes et les plus élégants que j'aie jamais rencontrés. Il a l'air mâle, le front haut, l'œil limpide et fier. Ces Américains ne sont jamais ni chétifs ni difformes ; et savez-vous pourquoi ? C'est qu'ils n'étouffent pas dans les langes d'une civilisation étroite. Leur esprit et leur corps se développent à l'aise ; ils ont pour école le grand air, pour maître l'exercice, pour nourrice la liberté.
Source : Gallica

Histoires américaines (7e édition… (1928)

Mais si puissantes, aux Etats-Unis, se trouvent les lois et, surtout, la minutieuse tyrannie des mœurs, que c'est un ensemble de certitudes massives, de schémas sans nuances qui constitue la pensée de l'Américain moyen (que l'on me passe un moment cette entité) : ou, plus exactement, car au fond de toutes les races, les suprêmes réalités de l'âme sont les
mêmes, c'est cet ensemble primaire et puritain qui, en Amérique, est chargé de fournir à l'homme de la rue, l'écran derrière lequel il faut bien que n'importe quel peuple, comme n'importe quel homme, se cache la complication du monde.
Source : Gallica

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