Résumé

M. Sand Revue des Deux Mondes

On me dit que Chicago ressemble, comme mouvement et comme physionomie, aux villes nouvelles de la Californie. Le fait est que la population est un mélange de marchands, de colons, d’ouvriers, de mineurs, tous gens brûlés par le soleil ou le feu des forges, aux mains dures et noircies par la charrue ou la houille. Pas de flâneurs ici, pas de gandins étiques ; c’est la volonté, l’exubérance et la soif d’une jeune société qui fusionne Allemands, Irlandais et Américains dans le même moule, pour en faire un jour le nouveau peuple de l’ouest.
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M. Sand Revue des Deux Mondes

Quand il est longtemps seul, il dépérit, et quand il est toujours seul, il meurt. Le Français vit par tous ses pores, il savoure la poésie de la solitude et adore les sanctuaires de la nature, mais il ne s’y absorbe pas jusqu’à oublier la mère ou l’ami qui l’attend. L’Américain supporte la solitude avec un stoïcisme admirable, mais effrayant ; il ne l’aime pas, il ne songe qu’à la détruire. Nous, nous aimons tout, désert et société, parce que nous sentons tout.
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M. Sand Revue des Deux Mondes

La population française, qui était de soixante mille âmes il y a cent ans, est aujourd’hui dans le Bas-Canada de près d’un million, et cela sans le secours d’aucune immigration. Les premiers colons furent des paysans, de petits gentilshommes et des soldats ; rien du ramassis de bandits et de banqueroutiers qui dans le principe s’était rué sur les États-Unis de l’est. Aussi sent-on chez les Canadiens un parfum d’honnêteté naïve et une grande douceur de mœurs. Ils sont hospitaliers, aiment la bonne chère, la danse et les femmes, qui sont généralement bien faites et de belle carnation.
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