Résumé

Louis Mainard L'Amérique : livre d'or des voyages

Entre les chutes s'avance une île, creusée en dessous, qui pend, avec tous ses arbres, sur le chaos des ondes. La masse du fleuve, qui se précipite au midi, s'arrondit en un vaste cylindre, puis se déroule en nappe de neige, et brille au soleil de toutes les couleurs : celle qui tombe au levant, descend dans une ombre effrayante ; on dirait une colonne d'eau du déluge. Mille arcs-en-ciel se courbent et se croisent sur l'abîme. L'onde, frappant le roc ébranlé, rejaillit en tourbillons d'écume qui s'élèvent au-dessus des forêts comme les fumées d'un vaste embrasement.
Source : Gallica

Louis Mainard L'Amérique : livre d'or des voyages

Mais quelquefois, dans ce silence, dans cette immobilité de la nature, tout à coup le vent d'hiver se lève, et dans son vol impétueux balaie les plaines de neige comme le simoun balaie les sables du désert.
La tempête éclate et les grandes tiges de sapin sinclinent sous sa puissance, se courbent l'une contre l'autre, s'entre-choquent, se rompent avec un fracas pareil à celui d'une muraille qui s'écroule, ou d'une mer en furie qui se brise sur les rochers. En un instant, les géants séculaires des forets sont mutilés et découronnés, et la terre est jonchée de leurs larges rameaux.
Source : Gallica

Louis Mainard L'Amérique : livre d'or des voyages

Né dans la pampa et formé par elle, spécial à ce pays, le gaucho constitue une race à part dans l'ensemble de celles qui peuplent ces solitudes. Généralement d'une taille élevée, le visage osseux et carré, bruni par l'air vif, les cheveux noirs et durs comme ceux de l'Indien, il est par excellence le centaure moderne : honteux de lui, si par hasard il traverse à pied les rues d'une ville, il est élégant, digne d'attention quand il manie le cheval. Il a de l'Espagnol la fierté de l'allure et la vanité, mais aussi la sobriété incroyable que le Maure a léguée à ses descendants
Source : Gallica

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