“ Jamais, messieurs, jamais, la ville de Québec ne s’est trouvée dans des conditions aussi décisives pour s’élancer enfin dans les larges voies du progrès et de la prospérité. Tout conspire pour elle. On vient à elle de tous les côtés et le besoin qu’on a d’elle est devenu irrésistible. Québec est aussi indispensable aujourd’hui au grand commerce océanique qu’il l’était autrefois, comme boulevard et comme protection pour toute l’ancienne colonie française qui s’étendait jusqu’au Mississippi. ”
Québec City
Définition et enjeux
Citations sur “Québec City”
Arthur Buies,
La presse canadienne-française et les améliorations de Québec
“ Notre ville est un Éden ; c’est un bouquet épanoui sur la cîme d’un roc, et nous ne l’arrosons pas ! satisfaits de la prodigalité de la nature, nous ne faisons rien pour reconnaître ses largesses et combler ses rares lacunes ; nous sommes habitués à l’admiration des étrangers et nous nous en contentons, sans songer que l’admiration se lasse vite comme tous les sentiments vifs, et que si Québec a assez de grandeur en lui-même pour captiver à jamais tous les yeux, nous lui rendons par une négligence honteuse le centuple de ce qu’il nous donne en splendeur. ”
Louis Hémon,
Itinéraires
(1927)
“ Les forêts qui s’élevaient peut-être là ont disparu ; rien d’autre n’a été changé, et des deux côtés le sol s’enfonce dans l’eau irrégulièrement, comme il lui plaît.On devine cela du haut de la colline de Québec, de la terrasse qui surplombe, et cette étroitesse des limites jusqu’où s’est étendue l’empreinte humaine, jointe à la largeur du fleuve libre, laisse l’impression que c’est bien là un pays neuf, que l’homme n’a fait qu’égratigner, et que Québec elle-même, la « vieille ville », n’est après tout qu’une toute jeune personne, à la manière dont se mesure d’ordinaire la vie des cités. ”
Arthur Buies,
L’ancien et le futur Québec
“ Québec, Messieurs, c’est un grand nom dans l’histoire ; c’est le premier de toute l’Amérique ; Québec est la seule ville qui ait un passé un peu long sur cette terre si jeune ; elle n’a pour ainsi dire rien du nouveau monde que la liberté de ses citoyens et un avenir sans limites ; elle a la saveur antique et un cachet de noblesse que recouvre déjà la poussière des âges ; on y sent les générations disparues et comme des mânes qui percent de toutes parts le suaire du temps ”
Laure Conan,
À l’œuvre et à l’épreuve
“ Mais, je l’avoue humblement, Québec n’a encore qu’une rue. Cette rue, assez raide, va de l’habitation au fort. On l’appelle le sentier de la montagne... quand on y passe, par un grand vent, le bruissement des feuilles, chaque côté de soi, rappelle le bruit des vagues... La population de Québec, presque entièrement composée d’hommes, se monte bien maintenant à une soixantaine d’habitants. — Mais, dit madame de Champlain, c’est une aimable population... qui ne cache pas sa joie à l’arrivée de son gouverneur. ”
Louis Hémon,
Itinéraires
(1927)
“ Car Québec est une cité bien vivante et qui se développe encore ; voilà ce qu’il ne faut pas oublier. Elle se développe de trois manières : par l’accroissement normal de sa population ; par le déplacement qui commence de la population rurale vers les villes ; enfin par le dépôt de l’alluvion humain, inévitable dans une ville par où passent les deux tiers de l’immigration canadienne, soit plus de deux cent mille hommes et femmes chaque année. Et une parenthèse ouverte ici sur ce développement présent et futur de Québec évitera d’avoir à y revenir plus tard. ”
“ Sauveur, ainsi que Lévis sont l’avenir de Québec. Si Montréal porte à sa glorieuse aînée une fraternelle sympathie, elle doit aider de toutes ses forces les quartiers décimés à se relever, à reprendre leur croissance et leur progrès si soudainement interrompu. Notre amour-propre de la est intéressé à la prospérité, à la grandeur de la capitale nationale du pays, de la ville qui a le mieux conservé dans ses mœurs, et jusque dans sa forme extérieure, l’empreinte française, le cachet gaulois. ”
John Lespérance, Les Bastonnais
“ Québec est la ville la plus pittoresque de l’Amérique. Son site est sans rival. Rochers, eaux et forêts contribuent à rendre le panorama, de tous côtés, un charme pour les amateurs de beaux paysages. Telle qu’elle est aujourd’hui, telle elle était il y a cent ans ; ou, s’il y a une différence, elle est en faveur de cette date reculée, car la pioche et la hache n’avaient pas taillé et creusé, autant que de nos jours, cette œuvre sublime de la nature. Québec est aussi la ville d’Amérique la plus remarquable au point de vue historique. ”
Louis Hémon,
Itinéraires
(1927)
“ Les lieux dont on s’éloigne ne sont presque jamais dépourvus de grâce, et leur disparition lente à l’horizon leur prête toujours de la mélancolie ; mais pour Québec cette grâce et cette mélancolie ne sont pas seulement subjectives : elles logent à demeure entre ses murailles, et la silhouette de la ville et du fort persiste longtemps, et poursuit longtemps, en un reproche de vieille cité fière qui a fait plus que son devoir, et que ce siècle-ci qui lui doit tant semble négliger. ”
Wenceslas-Eugène Dick, Le Roi des étudiants
“ Donc, la vieille maison était hantée ! Voyez-vous ça !... l’enfer ayant une succursale sur le bord d’une grande route, et aux portes d’une honnête ville, d’une respectable capitale ! Ah ! Québec pouvait bien contempler, tous les dix ou vingt ans, le spectacle d’un de ses quartiers les plus populeux flambant comme une manufacture d’allumettes ! ”
“ Pour avoir attendu un quart de siècle, Québec prendra un quart de siècle d’avance ; il suffira de vingt ans pour faire une ville nouvelle sur des remparts démolis, tristes vestiges du passé, avec de larges avenues conduisant à des campagnes rayonnantes, au lieu des tristes ruelles où nous traînons aujourd’hui péniblement nos pas. Tout le Québec de l’avenir est dans l’œuvre accomplie du Chemin de fer du Nord, et ce Québec là n’aura rien à envier au passé auquel il apportera, au contraire, une majesté nouvelle. ”
Ulric Barthe, Similia similibus ou La guerre au Canada
“ La population de Montréal, fière à bon droit de sa supériorité matérielle, n’avait jamais aussi bien senti que, si cette métropole commerciale était la tête de la nation, le vieux Québec en était le cœur. ”
“ III La position géographique de la ville de Québec est telle que, fût-elle abandonnée, et ses habitants fûssent-ils atteints d’une léthargie incurable, le grand courant de l’ouest s’y fraierait forcément un passage, un nouveau peuple viendrait l’habiter, et les besoins du commerce y créeraient en peu d’années un entrepôt immense. Québec est une ville nécessaire. ”
H. Emile Chevalier, Les derniers Iroquois
“ Quel est l’esprit de la population à Québec ? — Sur Québec, monsieur, répondit Co-lo-mo-o, il ne vous faudra pas trop compter. Corrompus par l’or de l’Angleterre ou éblouis par le faste de la cour vice-royale, les habitants n’ont ni l’idée de l’indépendance, ni la fermeté nécessaire pour agir. Quelques fleurs empoisonnées sur les chaînes dont ils sont chargés leur en cachent les meurtrissures. — Mais dans les paroisses ? reprit impatiemment Poignet-d’Acier. — Dans les paroisses, c’est différent. Touchez la corde de l’émancipation, elle vibrera dans tous les cœurs. ”
M. H. de Lamothe, Le Tour du monde
“ Québec est par excellence la ville française de l’Amérique du Nord. Montréal et la Nouvelle-Orléans renferment un plus grand nombre d’habitants parlant notre langue [1] , mais c’est à Québec seulement que l’élément français, par sa supériorité numérique sur les autres nationalités, par les grandes institutions qu’il a fondées, et par la présence d’assemblées politiques où il domine, se sent véritablement chez lui et imprime son caractère à tout ce qui l’entoure. ”
“ Québec, le vieux Québec, le Québec d’en dedans des murs, est avant tout une ville aristocratique. Il n’est pas permis de se loger dans les faubourgs sans sortir de ce qu’en appelle la société ; il faut ne pas franchir les fortifications, limites sociales aussi bien que militaires, ou aller hors barrières. Une fois qu’on a émigré dans le faubourg, on ne rentre jamais complètement en ville ; on repasse la porte St. Jean, mais les portes des salons vous restent fermées. ”
Arthur Buies,
Chroniques
(1873)
“ Québec est une ville où l’on a le respect inné de tout ce qui nuit, comme celui des Égyptiens pour les crocodiles ; on y a le culte des nuisances. Des rues qui seraient pavées ou seulement praticables y feraient l’effet d’un habit neuf sur le dos d’un paralytique. Il y a ici beaucoup d’Américains qui sont attirés par l’étrangeté du spectacle d’une capitale en ruines sur le sol encore si jeune de l’Amérique ”
“ Qu’en échange de tant d’avantages, la future capitale reçoive largement les exilés qui vont s’asseoir à son foyer, qu’elle s’efforce de renouer la chaîne brisée de leurs habitudes, qu’elle leur rende, petit à petit, l’aisance et le confort qu’ils ont laissés derrière eux. Québec avait été formé par la nature et l’esprit de ses habitants pour être une capitale. Ottawa n’a pas de meilleur parti à prendre que d’imiter ce modèle et de faire en sorte que le monde officiel, depuis le ministre jusqu’au plus humble fonctionnaire, retrouve Québec sur les bords de l’Outaouais. ”
Jean-Jacques Ampère,
Revue des Deux Mondes
“ La situation de Québec est magnifique. Au pied des rochers que la ville couronne, la rivière Saint-Charles vient se jeter dans le Saint-Laurent; en face sont de beaux villages, de blanches maisons semées au milieu des arbres; de légères embarcations et de gros navires voguent sur le fleuve majestueux : la vue les suit jusqu’au moment où ils tournent derrière ce promontoire sombre et grandiose qui s’appelle le cap Tourmente, et la ville domine cet ensemble pittoresque d’eaux, de rochers, de villages, au-dessus desquels elle est suspendue. ”
Jules Fournier,
Mon encrier, Tome 1
“ Pour le Québecquois, tout ce qui vient de Montréal est maudit. Le Québecquois en veut à Montréal, d’abord, de n’être pas Québec. Il lui en veut ensuite d’être Montréal, c’est-à-dire une ville de six cent mille âmes, avec des industries, du commerce, de la richesse et de l’activité. ”
Arthur Buies,
Chroniques
(1873)
“ Ainsi donc, Québec a le nord-est sans la flotte, Montréal a la flotte sans le nord-est ; lequel vaut mieux ? Mais si Québec n’a pas la flotte, en revanche il a les cancans, et cela dans toutes les saisons de l’année. Voilà le vent qui souffle toujours ici. Oh ! les petites histoires, les petits scandales, les grosses bêtises, comme ça pleut ! Il n’est pas étonnant que Québec devienne de plus en plus un désert, les gens s’y mangent entre eux. Pauvre vieille capitale ! Le commérage est l’industrie spéciale et perfectionnée de ses matrones. ”
René Caillaud, Normandie, Poitou et Canada français
“ Et, oubliant, pour ainsi dire, que Québec n’est pas seulement un chef-lieu, mais une capitale, il a bien voulu comparer la Province de Québec à une province française, riche, comme elle, de passé, et nourrissant les générations qui montent, de la sève généreuse de ce passé, médité dans le recueillement provincial. ”
Jules Leclercq, Un été en Amérique, de l'Atlantique aux Montagnes-Rocheuses… (1886)
“ La nature a divisé Québec en deux parties fort différentes d'aspect, la ville basse et la ville haute. La ville basse est le quartier du commerce, la ville haute est celui des magasins de luxe, des hôtels, des bâtiments du gouvernement provincial. C'est dans la ville haute, à l'hôtel Saint-Louis, que j'ai établi mon quartier général pour les quelques jours qui doivent s'écouler avant le départ du paquebot qui me ramènera vers les plages européennes. ”
Olivier, Voyage autour du monde : contenant la description géographique et pittoresque des divers pays… (1858)
“ Québec est divisée en deux villes distinctes : la ville haute, bâtie sur la pente du cap Diamant, dont le sommet est élevé d'environ 120 mètres au-dessus du fleuve, est assurément la plus belle. La ville basse, construite sur un terrain artificiel enlevé aux flots du fleuve, n'offre aucun édifice vraiment remarquable. ”
Louis Hémon,
Itinéraires
(1927)
“ Québec regarde du haut de sa colline passer les hordes barbares sans l’ombre d’envie et sans l’ombre de crainte. Québec reçoit les messages royaux avec une tolérance courtoise. Québec sait que rien au monde ne pourra bouleverser le jardin à la française qu’elle a créé pieusement sur le sol fruste de l’Amérique et que toutes les convulsions du continent nouveau ne sauraient troubler la paix profonde et douce que les Français d’autrefois ses fondateurs ont dû emporter du pays de France comme un secret dérobé. ”
H. Emile Chevalier, Les derniers Iroquois
“ Voilà le berceau de Montréal. Les années fuient sur le cadran des âges. Insensiblement, et malgré l’incurie si déplorable du gouvernement français, le Canada se peuple. Champlain commence la ville de Québec : des établissements se forment à Sillery, et Trois-Rivières [3] ; des missionnaires catholiques, la croix d’une main, la houe ou l’arquebuse de l’autre, se répandent partout, convertissant les Indiens, défrichant les terres, érigeant des fermes et des maisons d’éducation. ”
Léon Pamphile LeMay, Reflets d’antan
“ Et Québec, il le sait, est un royal séjour. Béni le souverain qui règne par l’amour. La justice est sa loi ; sa force est la clémence. La liberté qu’ailleurs on rêve dans les fers, Sur son empire heureux étend ses rameaux verts. Tout est éblouissant sous notre ciel austère. Québec, nimbé de flamme, est un nouveau cratère ”
Ch. Gailly de Taurines, La Nation canadienne
“ Deux grandes villes, les plus importantes de toute la Confédération canadienne, l'une par le lustre de son histoire, l'autre par le chiffre de sa population et son activité commerciale, sont l'orgueil des Canadiens-Français.Québec se glorifie de ses souvenirs militaires, et vante avec orgueil ses Frontenac et ses Montcalm. Seule de toutes les cités d'Amérique elle est plus célèbre encore par son histoire que par ses richesses. ”
Louis Hémon,
Itinéraires
(1927)
“ Que Québec est une cité historique ; la plus intéressante peut-être, historiquement, de l’Amérique du Nord unique en son genre sur ce continent ; une cité où la jeune Amérique vient visiter pieusement des vestiges qui remontent à deux cents ans comme la vieille Europe va pieusement visiter à Rome des vestiges qui remontent à deux mille ans, — tout le monde sait cela. Mais c’est aussi une cité plus complexe qu’on ne veut bien le dire.Les Américains et les Canadiens de l’Ouest y mettent un rien de parti-pris. ”
“ Il faut pourtant en tenir grand compte en assignant à Québec son rang parmi les autres villes. Tandis que Lévis voit approcher un avenir brillant, St. Roch grandit sans cesse. St. Sauveur, au moment où le désastre que nous déplorons est venu le renverser sur des ruines fumantes, s’étendait rapidement. Québec est donc comme un groupe de villes. Cette population de St. Roch et de St. Sauveur, si douloureusement éprouvée, est plein d’énergie et de vitalité. C’est peut-être la population la plus profondément, la plus exclusivement française de tout le pays. ”
“ On bâtit à Québec une maison bourgeoise par an, et l’on met quelquefois deux ans à la bâtir : l’une est à moitié construite lorsque l’autre commence. On devine qu’une maison neuve est à Québec un événement surhumain, qui intéresse non-seulement le mortel privilégié qui la doit habiter, mais encore toute la ville qui la traite comme un témoignage irrécusable de sa prospérité aux yeux de l’étranger, comme un monument municipal. ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes
“ On croit que les résistances s’évanouiront d’une part devant ce sentiment nouveau, de l’autre devant la sage politique de l’Angleterre, bien décidée à relâcher autant qu’elles le voudront les liens qui rattachent ses colonies à son empire [2] . Québec est une vieille ville perchée sur un rocher, au bord du Saint-Laurent, entourée de vieilles fortifications délabrées. La ville basse s’étend sur le rivage, au pied de la colline, et comprend les quartiers commerçans et populaires. Le quartier aristocratique est dans la ville haute. ”
Jean-André Jeannel, Le crime d’un père
“ Montréal, la perle de la Province de Québec, la principale ville, sinon la capitale, présente aux visiteurs des aspects bien divers. Le populaire a fait une division nette et sommaire de la grande cité en deux parties, délimitées par la rue Bleury : l’Est et l’Ouest. L’Est est demeuré le domaine de la langue et des traditions françaises et, bien que se modernisant avec rapidité, a gardé, à l’instar de Québec, un cachet de ville de province du « vieux pays ». Par contre, l’Ouest, c’est le quartier anglais, en pourrait dire anglo-saxon, de style et de genre américains ”
