Louis Hémon

Louis Hémon

Résumé

Portrait de Louis Hémon Louis Hémon Itinéraires (1927)

Les forêts qui s’élevaient peut-être là ont disparu ; rien d’autre n’a été changé, et des deux côtés le sol s’enfonce dans l’eau irrégulièrement, comme il lui plaît.
On devine cela du haut de la colline de Québec, de la terrasse qui surplombe, et cette étroitesse des limites jusqu’où s’est étendue l’empreinte humaine, jointe à la largeur du fleuve libre, laisse l’impression que c’est bien là un pays neuf, que l’homme n’a fait qu’égratigner, et que Québec elle-même, la « vieille ville », n’est après tout qu’une toute jeune personne, à la manière dont se mesure d’ordinaire la vie des cités.
Source : Gutenberg

Portrait de Louis Hémon Louis Hémon Itinéraires (1927)

Nous ne voyons, nous, de son île, qu’une interminable côte basse, brune, lointaine, que le brouillard montre et cache comme en un jeu ; puis quand vers le soir le brouillard se lève on s’aperçoit que cette côte a disparu, et c’est de nouveau l’apparence de la pleine mer. Seulement la vue de cette première terre transatlantique, et le souvenir des cartes souvent consultées, nous rend presque sensible la proximité des deux rives du Golfe du Saint-Laurent, rives toujours hors de vue, mais qui se resserrent sur nous d’heure en heure.
Source : Gutenberg

Portrait de Louis Hémon Louis Hémon Itinéraires (1927)

Québec regarde du haut de sa colline passer les hordes barbares sans l’ombre d’envie et sans l’ombre de crainte. Québec reçoit les messages royaux avec une tolérance courtoise. Québec sait que rien au monde ne pourra bouleverser le jardin à la française qu’elle a créé pieusement sur le sol fruste de l’Amérique et que toutes les convulsions du continent nouveau ne sauraient troubler la paix profonde et douce que les Français d’autrefois ses fondateurs ont dû emporter du pays de France comme un secret dérobé.
Source : Gutenberg

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