Résumé

Th. Bentzon Au Canada - L’Éducation et la Société

Le clergé, qui a tant fait à travers les siècles pour le Canada, n’attendra pas qu’on le dépossède d’une part d’autorité qui, jadis utile à tous, tend à devenir excessive. Il consentira spontanément au sacrifice, — sacrifice plus difficile qu’aucun autre, car partout nous voyons les maîtres, les parens, tous ceux qui ont exercé une autorité sans contrôle pour le bien des faibles et des ignorans, hésiter, l’heure venue, à leur laisser le gouvernement d’eux-mêmes.
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Le Canada, librement ouvert, cessa d’être ce qu’il avait été d’abord, une sorte de communauté religieuse. Le temps vint où la mode de Paris, au rouge près, fut suivie à Québec. Dans le récit de son voyage, fait au XVIIIe siècle, un très perspicace observateur suédois, Kalm, s’étend sur le charme des femmes de cette ville, quoiqu’il trouve celles de Montréal plus belles, plus sérieuses aussi ; mais il ajoute que les Québecquoises ont à un plus haut degré l’usage du monde et que leur laisser aller aimable plaît par son innocence même.
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Je me rappelle avec quelle attention elle écoutait ce parler de Paris, nouveau pour ses oreilles et qu’évidemment elle jugeait incorrect ; de son côté elle ne devait pas enseigner une langue très pure, mais du matin au soir, tandis que les parens étaient aux champs, elle donnait à leurs enfans ses soins, son temps, sa vie, dans une espèce de grange qui lui servait d’école. Elle ne se réservait même pas le dimanche ; à l’église, elle aidait le curé, réunissant les siens pour le chapelet qu’elle récitait avec une rapidité prodigieuse. Seul un moulin à prières aurait pu rivaliser avec elle.
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