John Lespérance, Les Bastonnais
“ Heureuse illusion de la jeunesse ! si peu appréciée, tant qu’elle dure, à cette période privilégiée de l’existence, et objet d’amères lamentations pour le reste de la vie, quand elle a disparu ! Les misères mêmes donnent un stimulant au plaisir, quand le cœur est embrasé — et quel jeune cœur ne l’est pas ? — de la flamme de l’amour. La fatigue, la faim, la soif, la maladie et la pauvreté ne sont que des bagatelles dont on rit, tant que l’on aperçoit derrière elles la douce lumière de tendres yeux parlant, en un langage qu’eux seuls peuvent entendre, la langue du cœur dévoué. ”
