Albert Lozeau, Le Miroir des jours (1912)
“ ÉRABLE ROUGE Dans le vent qui les tord les érables se plaignent, Et j’en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent ! Il est dans la montagne, auprès d’un chêne vieux, Sur le bord d’un chemin sombre et silencieux. L’écarlate s’épand et le rubis s’écoule De sa large ramure au bruit frais d’eau qui coule. Il n’est qu’une blessure où, magnifiquement, Le rayon qui pénètre allume un flamboiement ! Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge A trempé dans les feux mourants du soleil rouge ! Sur le feuillage d’or au sol brun s’amassant, Par instant, il échappe une feuille de sang. ”
