Résumé

Charles Virmaître Les Flagellants et les flagellés de Paris (1902)

Quelle différence y a-t-il entre une femme qui trompe son mari à l’œil, qui change d’amant chaque quartier de lune et une putain qui travaille pour de l’argent, comme je le fais ? Il n’y en a pas. Et puis, vous autres, qui parlez de nous avec mépris, fille publique ou fille soumise, voilà comment vous nous appelez, mais, vous ne savez donc pas qu’il y a des femmes que vous considérez dans votre monde comme des vertus, et qui sont les meilleures clientes de la maison ? Allez, être putain n’est qu’un mot.
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Charles Virmaître Les Flagellants et les flagellés de Paris (1902)

Son salon, que la police surveillait (bien mal) , était un rendez-vous de filles mineures, ses élèves, demoiselles bien élevées, candides, rougissantes, disant, avec un momentané défaut de prononciation : «Ah ! monsieur, si maman savait que je vous fais la cour ! » Elle gagna dans la traite des blanches, des noires, voire même des marrons, une fortune colossale ; sur ses vieux jours, elle s’était offert le luxe d’un jeune mari. Il se montrait avec elle en voiture, à la grande stupéfaction du trottoir, qui pourtant n’est pas bégueule.
La baronne d’Ange avait une infinité de cordes à son arc.
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Charles Virmaître Les Flagellants et les flagellés de Paris (1902)

On dit que le mouton enragé devient féroce ; de même pour la bourgeoise paisible, toujours la question de vibration des sens. Quand chez elle sa passion se déchaîne, tout disparaît : pudeur, famille, amis ; il faut qu’elle la contente à tout prix.
Les gens à esprit étroit, les hypocrites crient bien haut qu’elle se déshonore, elle et les siens. En bonne justice, en quoi perd-elle son honneur ; il n’est pas, je pense, placé à cet endroit-là, et loin de perdre quoi que ce soit, elle y gagne une satisfaction que son mari lui avait seulement fait entrevoir et qu’un amant réalise.
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