John Lespérance

Résumé

John Lespérance Les Bastonnais

Heureuse illusion de la jeunesse ! si peu appréciée, tant qu’elle dure, à cette période privilégiée de l’existence, et objet d’amères lamentations pour le reste de la vie, quand elle a disparu !
Les misères mêmes donnent un stimulant au plaisir, quand le cœur est embrasé — et quel jeune cœur ne l’est pas ? — de la flamme de l’amour. La fatigue, la faim, la soif, la maladie et la pauvreté ne sont que des bagatelles dont on rit, tant que l’on aperçoit derrière elles la douce lumière de tendres yeux parlant, en un langage qu’eux seuls peuvent entendre, la langue du cœur dévoué.
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John Lespérance Les Bastonnais

Si Bouchette mérite de souffrir, qu’il porte toute sa peine !
— Alors, il souffrira toute sa peine, dit Batoche en se levant d’un bond et en saisissant sa coiffure.
— Non, il ne périra pas, s’écria Zulma en se levant aussi précipitamment et en faisant face au vieux soldat. M. Bouchette n’a fait que son devoir. Il a ses opinions comme nous les avons, vous et moi. Il a été fidèle à ces opinions. Il a accompli un acte de bravoure. Il a répandu de la gloire et non de la honte sur ses compatriotes. Qui vous a constitué son juge ? Quel droit avez-vous de le châtier ?
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John Lespérance Les Bastonnais

Les derniers mots d’adieu étaient encore sur les lèvres des deux jeunes filles qui se tenaient dans l’embrasure de la porte, quand, à travers les ténèbres et la neige tombant à flocons, Zulma remarqua un homme appuyé contre la maison, à quelques pieds d’elle. Elle lui commanda aussitôt à haute voix de s’avancer, ce qu’il fit. À la faible lumière du corridor elle vit devant elle un être étrange et inconnu, vêtu d’un capot de chat sauvage et couvert d’un grand bonnet de peau de renard. Il était courbé et sa figure était celle d’un vieillard, mais ses yeux brillaient comme des étoiles.
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