Résumé

Edmond Rousseau,  Le château de Beaumanoir

“ Une voix intérieure me dit que si je vous quitte, mon père, toutes mes années de bonheur seront passées et ne reviendront plus....
— Claire, ma chère enfant ! dit M. de Godefroy très-ému et en attirant à lui sa fille.
— Voulez-vous donc me chasser d’ici ? dit la charmante enjôleuse d’une voix câline et en entourant le cou de son père comme un enfant gâté qui demande des caresses.
— Qui est-ce qui m’aimerait mieux que vous et Dorothée ? continua-t-elle, en l’embrassant. Laissez-moi donc près de vous, mon père, je ne vous quitterai jamais !
”
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Edmond Rousseau,  Le château de Beaumanoir

“ Elle aimait Louis, elle le sentait. Impossible de se tromper sur le sentiment nouveau, inconnu jusqu’alors pour elle, qui avait envahi tout son être et qui dominait son cœur.
Mais Louis Gravel appartenait au gouverneur, le rival sinon l’ennemi de Bigot ; Louis Gravel n’était pas gentilhomme, M. de Godefroy était imbu et fier de sa noblesse, et d’après ce qu’elle venait d’entendre, déclarer son amour pour ce jeune homme, c’était porter la crainte et la colère dans l’âme de son père.
Claire le connaissait. Elle s’était rendue compte de cette nature inquiète, timide, craintive.
”
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Edmond Rousseau,  Le château de Beaumanoir

“ Elle parut hésiter.
— Parlez, mademoiselle, insista Bigot.
— Cependant, acheva Claire, je ne vous aime pas, moi, et c’est parce qu’il m’est impossible... de vous aimer... parce que mon cœur, hélas ! ne m’appartient plus...
— Ce que vous me dites là ne m’étonne pas, mademoiselle.
Claire tressaillit.
— Mais, continua Bigot, je vous aime, moi, et je m’efforcerai de mériter votre amour.
— On n’aime point deux hommes à la fois, monsieur l’Intendant.
— Mais on peut oublier.
— Je ne le crois pas.
Bigot était fort calme et même souriant. Ce calme exaspéra Claire.
”
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