Edmond Rousseau

Résumé

Edmond Rousseau,  La Monongahéla

“ Ce doux parfum n’était-il donc qu’un poison subtil qui s’infiltrait dans mon cœur pour y faire naître un amour incurable ? Fou que j’étais ! Ces campanules me disaient : « Enivre-toi et espère ? » Moi je m’enivrais en espérant ! Est-il possible, Dona Maria, que vous ayez oublié ?
— Non, dit la jeune fille d’une voix faible comme un murmure, peut-être pour ne pas trahir un léger tremblement que Daniel ne comprit pas, non, je n’ai pas oublié...
— Et tout cela est oublié, parce qu’un galant suranné se présente qui peut offrir l’opulence et ne demande votre main que pour servir sa vanité.
”
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Edmond Rousseau,  La Monongahéla

“ Puis après un court silence, il reprit :
— Écoutez, Dona Maria. Vous êtes ambitieuse, vous aimez la richesse, le luxe, les plaisirs, et c’est parce que Don Gusman par sa fortune est capable de vous donner tout cela que vous allez l’épouser. Eh bien ! si vous m’aimez, Doña Maria, moi aussi je deviendrai riche, moi aussi je vous donnerai ce luxe, cette opulence que vous rêvée. Dites, le voulez-vous ?
— Mais vous êtes pauvre, Daniel, ne me l’avez-vous pas dit vous-même ?
— Relativement, Dona Maria. Je possède en France un château entouré d’un domaine d’une certaine valeur.
”
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Edmond Rousseau,  La Monongahéla

“ Et vous, monsieur, ne les aimez-vous pas ?
— Je les aime, répondit Nicolas, lorsqu’elles me rappellent un souvenir qui est lui-même le plus suave des parfums de l’âme.
— Moi, je ne les ai jamais aimées que pour elles seules, reprit la jeune fille en tressaillant.
— Mais vous comprenez cependant, mademoiselle, tout ce qu’une fleur reçue d’une main amie peut dire de doux et de charmant, lorsque l’absence éloigne ceux qui se sont aimés.
— Vous avez donc reçu de ces fleurs ? fit la jeune fille le cœur serré, la poitrine prête à éclater en sanglots.
”
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