Edmond Rousseau

Élements biographiques

Edmond Rousseau,  Le château de Beaumanoir

“ Dorothée se pencha vers elle :
— Vous ne m’entendez pas, Claire ? dit-elle d’une voix douce et avec un accent insinuant.
Claire lui étreignit les mains.
— Si ! dit-elle. Je t’entends.
— Et vous dites ?
— Je dis... que puisque Dieu m’a pris ma mère, il ne pouvait placer auprès de moi que toi, ma bonne Dorothée, pour la remplacer.
— Claire ! dit Dorothée avec des larmes dans la voix et en l’embrassant.
— Oh ! ma sainte mère doit te bénir là-haut !
Et Claire se jeta dans ses bras.
— C’est le jeune homme qui vous a sauvé la vie, le jeune homme au bouquet, n’est-ce pas, que vous aimez ?
”
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Edmond Rousseau,  La Monongahéla

“ Ce doux parfum n’était-il donc qu’un poison subtil qui s’infiltrait dans mon cœur pour y faire naître un amour incurable ? Fou que j’étais ! Ces campanules me disaient : « Enivre-toi et espère ? » Moi je m’enivrais en espérant ! Est-il possible, Dona Maria, que vous ayez oublié ?
— Non, dit la jeune fille d’une voix faible comme un murmure, peut-être pour ne pas trahir un léger tremblement que Daniel ne comprit pas, non, je n’ai pas oublié...
— Et tout cela est oublié, parce qu’un galant suranné se présente qui peut offrir l’opulence et ne demande votre main que pour servir sa vanité.
”
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Edmond Rousseau,  Les exploits d’Iberville

“ Vous resterez tous les trois dans cet amas de grenades, c’est la consigne. Les canons feront un bruit d’enfer ; les boulets et la mitraille pleuveront autour de vous, ce n’est rien ! Et puisque c’est votre première campagne et que la peur peut essayer de vous attraper, mes agneaux ! attrapez-là, vous autres et dites-vous : le plus que ça peut faire, c’est de trancher l’écoute, comme qui dirait cracher sa langue !...
Restez-là, car un poste, c’est sacré ! Et le temps que durera la bataille, vous lancerez des grenades sur l’Anglais que Dieu confonde.
”
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