“ Ils ont perdu tous deux la partie ; elle est pauvre, et il n’est point aimé. — Alors j’ai raison de dire : « À bas le mariage, » exclama Martel. — Pas tout-à-fait, reprit Blandy. Le mariage est l’acte le plus sérieux de la vie, et on le fait à la légère. Lorsqu’on a dit : J’aime, on croit avoir tout dit. Mais, malheureux, c’est précisément parce que vous êtes amoureux que vous choisirez mal. Attendez que vous le soyez moins pour voir si, par hasard, vous ne vous trompez pas dans votre choix. Et d’abord, dites-moi quels défauts vous voulez que votre femme apporte dans le ménage ? ”
Hector Fabre
Élements biographiques
Hector Fabre (1834-1910), journaliste, sénateur et diplomate québécois, incarne une figure centrale de la pensée nationale canadienne-française. À travers ses écrits, notamment ses Chroniques, il explore avec acuité les enjeux identitaires, politiques et sociaux de son époque, oscillant entre le nationalisme et les débats sur la Confédération.
Son œuvre, marquée par un esprit critique et une vision narrative, révèle une réflexion profonde sur l’ambition, le mariage et l’individualisme, tout en reflétant ses engagements dans les relations internationales et ses liens avec le monde francophone.
Citations de Hector Fabre
“ Le succès appartient à l’énergie. L’homme qui dit résolument : « Je monterai jusque-là, » est aussi sûr d’y parvenir que s’il touchait déjà au but. J’ajouterai, — et je n’ai besoin pour en juger ainsi que de voir l’impression profonde que mademoiselle Perret a produite sur tout l’auditoire, sur moi, — j’ajouterai, que celui-là seul aimera véritablement votre fille qui, spontanément, lui promettra la plus haute destinée, et que l’on sentira, à son langage, à sa conduite, en état de tenir cet engagement d’honneur. — Vous me rendez toute fière, cher docteur. ”
“ Cette galerie s’ouvre par ce superbe personnage de Joseph Prudhomme dont l’effigie majestueuse orne presque tous les coq-à-l’âne contemporains, et se ferme provisoirement par ce marchand de crayons de génie, ce Mangin dont le casque rayonnera dans l’avenir, qui est mort, il y a quelque deux ans, poitrinaire comme une pâle jeune fille, et à qui j’entendais dire un jour, avec un accent inimitable, sur la grande place de Lille : « Ma brave femme de mère m’a dit au sortir de l’enfance : Mangin, tu es bien fait, tu feras ton chemin dans le monde, car un bienfait n’est jamais perdu. » ”
