“ Blandy n’était pas homme à perdre son temps. Il était convaincu de l’importance d’entrer le premier dans la lice qui allait s’ouvrir et où la jeunesse contemporaine se disputerait le cœur de Mlle. Perret. La jeune fille devait être d’ailleurs admirablement disposée à écouter le tendre langage de l’astucieux docteur ; rien ne prédispose à l’indulgence du cœur comme le succès. ”
Citations sur “Blandy”
“ Tenez, voilà l’autre. Ça y est-il ? » Le comte regardait Stéphane avec anxiété ; il allait juger de sa conversion par cette épreuve. Stéphane vit la main noire, brûlée par la fonte des dopes de plomb, à ongles rongés et tordus que lui offrait l’apprenti, et lançant un sourire à son père, il courut offrir sa menotte blanche et soignée à la rude étreinte de l’ouvrier. « Merci, lui dit-il en répondant à cette pression cordiale. Êtes-vous content, non père ? » Une femme regarde deux jeunes gens, devant une grille de parc.Stéphane l’embrasse sur les deux joues. ”
Notice historique et topographique sur le château et le village de Blandy… (1841)
“ Ainsi périt le premier prince de Condé, seigneur de Blandy. Quand l'aigle fut abattu, on laissa partir les aiglons : la marquise de Rhotelin revint à sa maison avec les enfants du prince. Elle vit qu'elle s'était trompée en mettant sa confiance en lui. Les avanlures de Condé, ses révoltes, sa fin tragique, tout contribuait à augmenter ses peines; elle vint les ensevelir Jans le château de Blandy, qui ne fut plus qu'une solitude de douleur, qu'une maison de tristesse jusqu'en 1572. ”
“ Madame, lui répondit-elle, je ferai tout ce qu’il me sera possible pour que votre petit-fils ne vous quitte pas. — Et quelle est votre méthode d’éducation ? demanda la comtesse ; lui infligerez-vous des punitions bien sévères ? Il a déjà de la fierté... — Les fautes qu’il commettra le puniront assez d’elles-mêmes ; j’aurai pour seule mission de les lui faire apercevoir. — Voilà que vous parlez comme mon fils Pavel ; je ne m’étonne pas qu’il vous ait choisie, quoique ce soit une idée singulière que de donner une gouvernante et non un précepteur à un adolescent. ”
Stella Blandy,
Le procès de l'absent
(1880)
“ Lorsque la comtesse traversait cette zone plus ardente, ses traits s'animaient, ses yeux noirs prenaient un éclat plus vivant, et André se retenait à peine de lui dire : « Pourquoi m'importuner d'une autre? Ne sentez-vous pas que c'est vous que j'aime? » Mais ils passaient, et se retrouvaient au bout de la terrasse, près des bosquets d'arbustes dont la lune glaçait la verdure de reflets blancs; sous le nimbe pâle dont ces lueurs l'entouraient, la tête de Claire s'idéalisait tout à coup. Ce n'était plus une femme à qui l'on pût avouer son amour ”
“ Dieu ! suis-je bête ! Quand on a passé la nuit à veiller un malade, on ne va pas bien du tout. Pardon de la peine que je vous donne. — C’est vous qui me demandez pardon ! » dit le comte avec mélancolie ; puis, regardant Stéphane : « Est-ce que lu n’as rien à lui dire ? ajouta-t-il. — Oh ! si, s’écria l’enfant ; il peut croire à tous mes regrets. J’aimerais mieux être à sa place que d’être cause de son mal comme je le suis. — Tiens ! dit Prosper avec la prompte familiarité des ouvriers parisiens, c’est donc ce petit-là qui conduisait ? » ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ « C'est tout connaître, tout visiter, avoir le monde entier pour domicile ; au lieu de rester comme un vieux rat dans un vieux coin de maison à grignoter toujours les mêmes bribes, c'est planer en oiseau, c'est battre de l'aile d'un point cardinal à l'autre. — Jusqu'à ce qu'un naufrage... — Tais-toi, faiseur de mauvais souhaits. Tu me rappelles un conte que mon patron de barque m'a fait un soir de pêche médiocre. » C'était me prendre par mon côté sensible que de me parler d'un conte et je priai Victor de me le raconter. ”
Alphonse-Honoré Taillandier,
Histoire du château et du bourg de Blandy en Brie
(1854)
“ Quoi qu'il en soit, on a vu par la déposition du témoin Robert Marc, dans l'enquête de 1209, que le vicomte Josselin avait possédé la terre de Blandy; c'est donc à lui que nous commencerons l'histoire de cette terre. ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ Nous causions tout le temps. Je ne m'ennuyais pas. Un jour, j'ai eu l'idée de lui montrer tous les dessins que tu m'as faits. Il les a tous regardés ; il a commencé par rire; puis il est devenu très sérieux; il m'a tiré l'oreille et il m'a dit : « Si c'est toi qui as su camper tous ces bonshommes, dismoi, moutard, pourquoi on te laisse gâter ta main à la rame ? C'est un crayon qu'il te faut tenir au bout des doigts en attendant que tu saches manœuvrer ces petits balais-ci. » ”
“ « Monsieur, ils sont payés, dit celui-ci. — Vous savez, monsieur, lui dit sèchement Eugène, que ce sont là nos conventions. — Je puis bien payer quelque chose à des gens... comme vous, lui dit Stéphane, mais je n’en accepte rien. L’ouvrier haussa les épaules et s’abstint de répondre, n’espérant pas corriger ce garçon si sottement hautain ; mais Jules était batailleur en sa qualité de collégien ; il avait été piqué des railleries d’Arkadi, et cette boutade de Stéphane passait la mesure ; aussi lui répondit-il d’un ton vif : « Des gens comme nous ! Vous en accepterez toujours cela ! » ”
Notice historique et topographique sur le château et le village de Blandy… (1841)
“ Longtemps après, les guerres des Anglais et les ravages qu'ils faisaient en France avaient fait cesser la foire de Blandy; les marchands n'ayant pas assez de garantie de sécurité dans leur voyage avaient cessé de s'y rendre. Guillaume IV, alors vreomte de Melun et seigneur de Blandy, demanda au roi Charles VI le rétablissement du marché et de la foire dans la ville de Blandy. Voici un extrait de la lettre du roi, tiré du livre des ordonnances des rois de France. ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ « Et si le nouveau t'appelait Grain-de-plomb, parce que tu es lourd au travail, n'aurais-tu pas ce que tu mérites? Allons, pas de ces taquineries. J'entends qu'on vive en bon accord. Quand on pêche à la même soupière, et qu'on taille son pain à la même miche, on est frères. Le nouveau s'appelle Louis. Que chacun le sache. N'est-ce pas, mon petit Louis, que tu ne veux pas de ces surnoms? — Monsieur, cela ne me fâche pas du tout. — Ah! vraiment?... Tiens, tu es un bon garçon. » Et à partir de ce moment, maître Frippard lui-même m'appela Grain-de-sel. ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ Le lendemain, le mistral grondait sur Palavas. Chacun était calfeutré chez soi. Pas une barque en mer. Personne sur la plage. Ma mère tenait sa broderie, mais elle tirait machinalement son aiguille, et quand nous lui adressions une question, elle était un moment sans trouver ce qu'elle devait répondre; sa pensée était loin de nous. Moi, je lisais, distrait par la causerie de Charlotte et de Victor, qui édifiaient ensemble un presse-papiers fait d'une agglomération de coquillages, qu'ils collaient le plus pittoresquement possible sur un lourd galet déchiqueté. ”
Stella Blandy,
La Teppe aux merles
“ Le soleil s’abaissait sur l’horizon, et teignait de pourpre un amas de petits nuages folâtres que la brise faisait courir en bulles de mousse légère dans le lointain du ciel. « Oh ! comme ils sont jolis, dit Rosalie à son cousin, et comme on en voit large du ciel dès qu’on a quitté Tournus où les maisons le cachent. Sais-tu, ces nuages roses sur ce bleu, ça ressemble à ta cravate. mais en grand. Elle est jolie aussi ta cravate, Philibert. » Il se mit à rire : « Eugène l’a trouvée très laide, répondit-il ; elle a trop de couleurs pour les gens de la ville. » ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ « Viens donc! me dit-elle en me désignant la place à côté de la sienne sur la banquette de devant. On ne partira donc jamais? » Tout le long de la route, elle fit honneur au moindre bouquet de bois, au plus mince clocher, admirant tout, jasant à perdre haleine, et tenant la tête de sa poupée à la portière pour que Mlle Louisette vît, elle aussi, le paysage. Quant à moi, la route m'intéressait peu; je prêtai même une oreille distraite à la causerie des grandes personnes, bien qu'elle fût intéressante. ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ Il est aussi naturel aux gens des côtes d'aimer à courir la mer qu'aux canards de se jeter dans la mare voisine. — Les canards retournent toujours au bord, monsieur Peyrade, dit notre hôtesse d'un ton amer. Ce n'est pas une compar aison a faire, à moi du moins. Mon homme est resté à la mer ; je neveux pas qu'elle me prenne mon Marius, et comme c'est un garçon de grand cœur, il m'obéit en restant ici à faire des cordages qu'il aimerait mieux manœuvrer sur un bateau. Cela, je le sais; mais il a égard à mon chagrin et il reste à terre... Ces poissons que voici, c'est Victor qui les a péchés. ”
Stella Blandy,
La Teppe aux merles
“ Mais où sont-ils allés, mon oncle et ma tante ? — À l’écurie, pour y mener Noiraud, répondit Philibert, — En attendant qu’ils reviennent, reprit Rosalie, montrez-moi donc votre maison. Ah ! Voilà un escalier dont je me souviens ; j’ai grimpé ses marches à quatre pattes, et même je me suis fait une bosse au front un jour où j’ai dégringolé, N’y a-t-il pas aussi quelque part un bonhomme de bois taillé dans un mur ? — Pas dans un mur, dit Philibert en conduisant sa cousine vers la grange ; c’est là, sur ce gros poteau qui soutient le toit. ”
Stella Blandy,
L’Oncle Philibert
“ Mais, comme je ne veux pas que vous en soyez du vôtre, vous allez me dire ce que vous gagnez, une semaine portant l’autre, afin que je vous en tienne compte à votre départ, ou tous les dimanches, à votre choix. — Pour cela, non ! s’écria l’étameur. On dit que vous tenez à vos idées, monsieur Chardet ; mais vous vous rendrez à la mienne, car je n’en démordrai point. Ce serait donc la première fois que je me laisserais nourrir à rien faire. Là, là, ne vous fâchez pas, il y a moyen de tout arranger. J’en ai bonne envie ; voici mon fils qui fait déjà la moue à l’idée de quitter les Ravières. ”
“ Vous en êtes venue à vos fins ; vous m’enlevez Stéphane. Mais écoutez ceci : je vais faire aussi mon petit complot. Voulez-vous en être ? — Pourvu qu’il ne s’agisse pas d’aller cacher Stéphane au Caucase ou en Sibérie, de peur que ce père terrible ne lui rende le mauvais service d’en faire un jeune homme accompli !... — Eh ! qu’en faisons-nous donc ici, à votre avis ? un petit loup ?... Fi ! monsieur le gouverneur, — elle nommait ainsi Mlle Mertaud par allusion à sa fermeté toute virile. — Fi ! vous n’avez d’amour-propre ni pour vous ni pour moi. ”
Stella Blandy,
Le Petit Roi
(1877)
“ La colère se mêlait à la compassion dans les exclamations qui partaient du groupe populaire. « Voyez s'ils bougeront de leur brouette ! criait un gamin. Ohé ! descends donc de ton siège, petit cocher de malheur, et aide à monter ton mort. Il est de ta façon, tu peux bien lui prêter ton corbillard. »> C était à Stéphane, blanc comme un linge et tout tremblant, que cette apostrophe était adressée. Un ouvrier de mine honnête jeta un regard au loin en murmurant : « Et pas un sergent de ville ! c'est un fait exprès. » ”
Stella Blandy,
L’Oncle Philibert
“ Comment, c’est vous, monsieur le docteur ? lui dit le maître des Ravières. Ah ! voilà une aventure ! Excusez-moi, ce n’est pas à vous que je pensais parler. Je suis satisfait de vous voir ; ma petite malade n’est pas bien. Mais où est donc l’étameur ? — Mon père, dit Vittorio en s’avançant, il doit être couché dans le fenil. — Non pas, on l’y a cherché. — Il se sera fourré dans quelque coin pour être loin des autres et ne pas recevoir des coups de pied. — C’est donc lui qui t’a commandé d’aller à Tournus ? ”
Alphonse-Honoré Taillandier,
Histoire du château et du bourg de Blandy en Brie
(1854)
“ Blandy est un village assis au centre du grand plateau qui s'étend de Melun à Nangis. Il est bordé d'un côté par un ruisseau que l'on appelle YÉguillvti, et de l'autre par un ru nommé Aricœur ( 1 ) . Les habitants de ce village ont pour principale industrie l'agriculture. Il existe, néanmoins, quelques vignes et deg bois sur le territoire de Blandy; ils joignent d'autres bois, s'avançant sur les communes de Sivry, Châtillon la Borde, Féricy, etc. Ce sont les derniers vestiges des épaisses forêts qui couvraient jadis les contrées situées entre la Seine et la Marne. ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ « Est-ce que tu prétendrais me faire la leçon, bambin? » me dit Alfred en se campant les poings sur les hanches. Un vieux monsieur qui était assis de l'autre côté du Sully et qui avait entendu notre débat, vint à nous et dit à mon cousin : « Cette leçon est fort à propos, et tu devrais être honteux d'ignorer, à ton âge, l'histoire de ton pays. Moi, je suis confus de t'avoir eu pour élève pendant six ans, et si tu ne sais pas même l'essentiel, c'est que j'ai perdu mes peines avec toi. Ne t'ai-je pas dit cent fois que chaque homme ne vaut que par ce qu'il sait ? » ”
Stella Blandy,
Un oncle à héritage
“ Oui, oui, continua le vieux paysan, vous n’avez pas besoin de me l’apprendre. C’est intrépide et franc de cœur comme vous, maître Julien, et comme tous les Maudhuy. Le blessé fut installé, non pas sur un des sièges, mais à l’arrière de la voiture, adossé aux malles, afin que sa jambe blessée restât étendue de tout son long. Après une assez longue halte, la jardinière repartit d’une allure moins hâtée ; elle emportait vers Sennecey des gens qui ne se défiaient plus les uns des autres, et qu’unissait cette sympathie qui naît d’une bonne action entreprise, accomplie en commun. ”
Alphonse-Honoré Taillandier,
Histoire du château et du bourg de Blandy en Brie
(1854)
“ « Une transaction passée entre Adam, vicomte de Melun,. et Jeanne de Sully, d'une part, et les habitants, de Blandy, d'autre, par laquelle ledit seigneur Adam les quitte, délivre et affranchit de tout genre de servitude, taille et généralement de tous autres droits de servitude, eux, leurs hoirs et leurs successeurs, et ceux qui auront cause d'eux, moyennant plusieurs droits à prendre sur des terres de la seigneurie dudit Blandy et aux droits y mentionnés, et outre à la somme de XVIIIe livres payée comptant par lesdits habitants, dont les seigneurs les quittent par ladite transaction (2) . » ”
Stella Blandy,
Le procès de l'absent
(1880)
“ « Où me menez-vous donc, madame? dit André après qu'ils eurent traversé un fumoir, une bibliothèque et une sorte de petit musée. — Est-ce que vous ne m'accompagnez pas de bon gré, que vous protestez si vite? Je sais déjà que vous aimez fort à faire à votre volonté, et que vous êtes vaillant à vous défendre contre celle d'autrui. Aussi ne vous ai-je pas laissé le temps de me résister en vous prévenant d'avance de quoi il s'agit. » Mme de Gast parlait avec enjouement, et paraissait jouir dans ce tête-à-tête d'une entière liberté d'esprit. ”
Stella Blandy,
Le procès de l'absent
(1880)
“ C'était la première fois qu'André voyait s'animer son teint de pâle statue ; elle voulut combattre cette émotion, mais son regard rencontra celui de M. de Vaulgis; elle perdit contenance comme une fillette effarouchée, et sortit du salon en se heurtant aux meubles. « Mon cher André, dit Mlle de Canday, il faut abréger nos supplices. Allez chercher Faustin, amenez ici les gens du Mairron. Que tout soit fait en un jour. Et puis, un bon conseil à vous, mon ami. Quittez la Touraine. Je vous écrirai souvent et vous saurez par moi s'il est nécessaire d'oublier, ou si l'espoir vous est permis. » ”
Stella Blandy,
Fils de veuve
(1888)
“ S'il vous parle rudement, ne vous en en chagrinez pas. » Et elle ajouta, la bonne créature, sans croire manquer de respect à son maître : « Tout chien qui aboie ne mord point. » — Est-ce de ce garçon que vous venez me parler? en a-t-il assez, l'entêté? » dit mon oncle que nous trouvâmes assis devant un feu clair de javelles, les jambes empaquetées de couvertures. « Non, c'est de Charlotte et de moi, » répondit mère. Les sourcils de l'oncle Léonard se froncèrent, et il écouta d'un air maussade la difficulté qui lui était soumise. ”
Alphonse-Honoré Taillandier,
Histoire du château et du bourg de Blandy en Brie
(1854)
“ Les seigneurs de Blandy avaient tous les droits de haute, moyenne et basse justice, dans l'étendue de la paroisse et dans celle des grand et petit Moisenay (i) , le Monceau, hameaux et fermes en dépendant, le droit de haute justice dans la paroisse de Champigny. Ils possédaient les cens et rentes seigneuriales prises sur tous les héritages dépendant de la terre et seigneurie de Blandy et dépendances, avec les droits féodaux spécifiés par la coutume de Melun. ”
