“ Dieu ! suis-je bête ! Quand on a passé la nuit à veiller un malade, on ne va pas bien du tout. Pardon de la peine que je vous donne. — C’est vous qui me demandez pardon ! » dit le comte avec mélancolie ; puis, regardant Stéphane : « Est-ce que lu n’as rien à lui dire ? ajouta-t-il. — Oh ! si, s’écria l’enfant ; il peut croire à tous mes regrets. J’aimerais mieux être à sa place que d’être cause de son mal comme je le suis. — Tiens ! dit Prosper avec la prompte familiarité des ouvriers parisiens, c’est donc ce petit-là qui conduisait ? » ”
Stella Blandy
Résumé
Le Petit Roi, de Stella Blandy, explore les tensions familiales et les métamorphoses personnelles à travers le destin de Stéphane, un enfant de la famille Alénitsine, et ses rapports complexes avec Arkadi, sa grand-mère, ou encore le comte Alénitsine.
Les thèmes de l’attachement, de la solennité et des disparités sociales (moujiks, gouvernante) animent cette œuvre, marquée par des dialogues percutants et des conflits affectifs. L’œuvre, publiée dans un contexte russe, mêle réalisme social et introspection, soulignant l’évolution de Stéphane entre enfant gâté et jeune homme conscient de ses obligations.
Citations de Le Petit Roi (Stella Blandy)
“ J’en suis heureuse pour toi, mon cher Pavel, dit-elle à son fils ; mais cette décision m’enlève tout à fait Stéphane ; pardonne-moi si j’en ai du chagrin. Je vais être si seule, si seule !... Arkadi me restera du moins, n’est-ce pas, Arkadi ? Mais il ne dit rien, celui-là ? Faudra-t-il te prier pour te faire parler, pour te faire dire que toi du moins tu ne quitteras pas ta vieille grand’mère ? — Excusez-le, madame, dit Suzanne. Il m’a fait connaître son embarras ; s’il ne dit rien, c’est qu’il est très-irrésolu et ne sait à quelle vocation se vouer. ”
“ On dirait l’euvre d’un singe malfaisant, et il n’y a pas, Dieu merci ! d’animaux de cette sorte dans la maison. — Je n’y comprends rien, dit Arkadi ; et si ce n’était pas si bête et si méchant, je croirais... » Il s’arrêta, tout honteux d’avoir pensé à Stéphane. « C’est quelque pauvre diable de valet qui se sera enivré, reprit le bon M. Carlstone ; ou plutôt, attendez ! La comtesse a été absente aujourd’hui ; ses gens se seront relâchés de leur service, et l’on parle tant de ces bandes de voleurs qui courent la campagne... Plus de doute ; voyez comme mon lit est ravagé. » ”
