Résumé

Arthur Dourliac Les Apprentis de l’armurier

Je vous aime tous deux avec la même tendresse maternelle, mes chéris, mais l’un de vous seulement est mon petit-fils ; l’autre est de noble race et du sang d’empereur coule dans ses veines.
Ils demeurèrent étourdis, stupéfaits ; puis, se jetant spontanément dans les bras de la bonne vieille :
— Oh ! grand’mère, nous serons toujours frères et toujours vos enfants.
— Dieu vous bénisse, mes chers petits ! dit-elle, émue de ce naïf élan du cœur. Je peux vous nommer ainsi, car vos deux mères ont sucé le même lait : l’une était ma fille ; l’autre, celle de Mgr Baudouin, comte de Flandre.
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Arthur Dourliac Les Apprentis de l’armurier

Gaultier l’y avait précédé ; mais il n’était pas seul... Douce, appuyée à son bras, attachait à l’humble croix de bois la couronne de roses de la Reine de Maye. En reconnaissant son maître, le digne écuyer vint à lui tout joyeux.
— Avec votre agrément, monseigneur, je vous présente ma femme, dit-il ; ma chère Douce, qui m’a patiemment attendu, refusant d’écouter ce vilain drôle d’Hugonet qui lui affirmait que j’étais bel et bien trépassé. J’avais bonne envie de lui caresser les épaules, pour lui prouver que je suis bien vivant ; mais je suis si heureux que je ne peux haïr personne.
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Cependant Gaultier semblait en proie à une secrète préoccupation.
— À quoi penses-tu, voyons ? interrogea Guy, dépité par ses réponses distraites.
— Je pense, je pense à cette femme, à son regard si noble et si doux.
— Bon ! une mendiante de grande route...
— Mendiante ! pas plus que nous ne sommes colporteurs, j’en jurerais.
— Moi pas.
— Dis-moi, Guy, n’as-tu aucune souvenance de ta mère ? Ne revois-tu pas, loin, bien loin, comme dans un rêve, un doux visage penché sur le tien ?
— Pas d’autre que celui de grand’mère...
— C’est étrange ! murmura le jeune garçon tout pensif.
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