“ Malheureusement M. de Lansac, que l’agitation fébrile du voyage empêchait aussi de dormir, avait observé cette scène de derrière un rideau qui le cachait à Bénédict. Le lendemain, M. de Lansac et M. Grapp se promenèrent seuls dès le matin. — Eh bien ! dit le petit homme ignoble au noble comte, avez-vous parlé à votre épouse ? — Comme vous y allez, mon cher ? Eh ! donnez-moi le temps de respirer. — Je ne l’ai pas, moi, Monsieur. Il faut terminer cette affaire avant huit jours ; vous savez que je ne puis différer davantage. — Eh ! patience ! dit le comte avec humeur. ”
Lansac
Définition et enjeux
Citations sur “Lansac”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1838)
“ Elle regarda en tremblant M. de Lansac ; son air insouciant et calme était impénétrable. Vers dix heures du soir, Grapp, se préparant a se retirer dans sa chambre, attira M. de Lansac sur le perron. - Ah çà ! lui dit-il avec humeur, voici tout un jour de perdu, tâchez que cette nuit amène un résultat pour mes affaires, sinon je m'en explique dès demain avec madame de Lansac. Si elle refuse de faire honneur à vos dettes, je saurai au moins à quoi m'en tenir. Je vois bien que ma figure ne lui plaît guère ; je ne veux pas l'ennuyer, mais je ne veux pas qu'on se joue de moi. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Se tuer au moment de marcher à l'ennemi, c'eût été une lâcheté, M. de Lansac secoua donc sa torpeur et se mit en route dans la nuit. Le désarroi dans lequel il trouva le quartier général ne tarda guère à l'épouvanter, et de patriotiques appréhensions vinrent encore oppresser son coeur malade. Il remua ciel et terre pour se faire écouter, et, n'ayant pu réussir à vaincre la folle confiance qui aveuglait tous ceux qui l'entouraient, il demanda un poste rapproché de l'ennemi. Deux mois après son départ de Paris, sous la tente qu'il occupait près de Reischoffen, il vit soudain paraître Mauret. ”
George Sand,
Valentine
(1832)
“ Il arma de nouveau ses pistolets et courut au hasard devant lui. Le bruit d’une petite toux sèche l’arrêta tout à coup. Dans l’état d’irritation où il était, la pénétration instinctive de la haine lui fit reconnaître à ce léger indice que M. de Lansac venait droit à lui. Ils avançaient tous deux dans une allée de jardin anglais, allée étroite, ombreuse et tournante. Un épais massif de sapins protégea Bénédict. Il s’enfonça dans leurs rameaux sombres, et se tint prêt à brûler la cervelle à son ennemi. ”
Paul de Musset,
Oeuvres de Paul de Musset : originaux du XVIIe siècle…
(1880)
“ La demoiselle riait en voyant l'empressement que le faux duc mettait à concevoir des espérances. — Puisque vous devez me rendre heureux dans un mois, poursuivit M. de Lansac, il vaudrait bien mieux m'épargner un si long ennui, et conclure ce soir même. Il ne vous en coûtera pas davantage. Nous sommes seuls; tout le monde dort autour de nous. La vie est courte et l'occasion rare. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Il fallait l'aimer, la protéger. Comme elle se faisait humble, adorable, débile, pelotonnée au fond de son fauteuil ! Quelle candeur dans son regard qui implorait ! M. de Lansac, troublé, protestait de son dévouement pour le doux être qui se plaçait en quelque sorte sous sa protection. Il sortit de cet entretien enivré, vaincu. Il venait de rapprendre à jamais le chemin de la rue de Courcelles, et, quoi qu'il arrivât, il ne partirait plus. Il avait l'oreille pleine de cette voix de sirène, les yeux pleins des troublants rayons de ce regard qu'il revoyait suivre un rêve intérieur ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ Et si Valentine voit sa sœur en secret, comme on l’assure, ne serait-elle pas heureuse de me voir partager ses intentions ? — Madame de Lansac, répondit la vieille suivante, dépend de son mari, et vous savez bien que M. de Lansac et vous, n’êtes pas toujours fort bien ensemble. Prenez garde, madame la marquise, de compromettre par une étourderie l’existence de vos vieux jours. Votre petite-fille n’est pas très-empressée de vous voir, puisqu’elle ne vous a point fait part de son arrivée dans le pays ; madame de Lansac elle-même n’a pas jugé à propos de vous confier ce secret. ”
Henry Ribadieu, Les châteaux de la Gironde : moeurs féodales… (1855)
“ Lansac le vieux fut maire de Bordeaux de 1556 à 1558, et Lansac le jeune occupa le même poste de 1567 à 1571. C'est ce dernier surtout qui a appelé l'attention des historiens. — Lansac le jeune fut l'un des chefs du parti des Guises dans la Guyenne; et lorsque les Bordelais armèrent une flotte pour mettre leurs côtes à l'abri des agressions de quelques corsaires calvinistes, c'est lui qui en reçut le commandement. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Non, Lansac, elle ne vous maudit pas ; elle... Sur mon honneur, s'écria le jeune officier, je ne crois pas qu'il y ait au monde un être plus malheureux qu'elle, si ce n'est vous. – Elle prononce encore mon nom ? – Oui, comme celui d'un ami dont elle est à jamais séparée, dont elle espère de grandes choses. Le colonel secoua la tête avec tristesse. – Nous nous battrons en hommes, dit-il ; mais rappelez-vous mes paroles, Mauret, nous serons vaincus. ”
Ricard de Saint-Hilaire, Le Moine et le Philosophe
“ Que m’as-tu dit, ma bien-aimée ? répliqua-t-il ; enfin, ma tâche est accomplie. J’ai rempli mon vœu. Ce n’est pas ici la terre où le Sauveur mourut ; la France n’a point d’infidèles, et je te serre dans mes bras sous les bosquets de Lansac. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Une semaine plus tard, vers une heure de l'après-midi, Mauret se présenta chez M. de Lansac. Les deux officiers se mirent aussitôt à l'étude et travaillèrent sans désemparer jusqu'à cinq heures. – Vous m'émerveillez, Lansac, dit Mauret ; lorsque vous commanderez en chef, la France, j'en suis sûr, comptera quelques victoires de plus. Comme vous avez raison de vivre retiré ! votre supériorité m'écrase, vrai, et je compte suivre votre exemple. En attendant, habillez-vous ; avant de dîner, nous rendrons visite à Mme de Lesrel. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
“ Enfin M. de Lansac, homme sans passion généreuse, sans jeunesse morale, déjà usé et flétri au dedans par le commerce du monde, incapable d'apprécier Valentine, la louant sans cesse et ne l'admirant jamais, n'avait, dans aucun moment, excité en elle un de ces mouvements rapides, irrésistibles, qui transforment, qui éclairent, qui entraînent avec impétuosité vers une existence nouvelle. ”
Ricard de Saint-Hilaire, Le Moine et le Philosophe
“ Florestan n’accepta que les soins de la belle Émilie, belle et pauvre, mais choisie par son ange, et dès-lors à ses yeux la plus digne protectrice de son infortune. Les habitans de Lansac, reconnaissant enfin leur seigneur, retrouvant ce bon Florestan, qui jamais n’avait ajouté le poids d’une dure parole au poids de leurs chaînes, se jetèrent à ses genoux, et lui protestèrent de leur entier dévoûment. Ainsi le Croisé, seul tout-à-l’heure, et repoussé d’une manière aussi barbare par l’objet de tant d’amour, se vit bientôt entouré d’une foule compâtissante et dévouée. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Vous pouvez causer stratégie, mon cher, Mme de Lesrel sait tout ou devine tout. – Diable ! Mauret, vous parlez d'elle en amoureux. – Je le suis, répondit le jeune homme d'un ton tragique, comme tous ceux qui l'approchent, comme vous le serez vous-même demain. – Rebroussons vite chemin, répliqua M. de Lansac avec vivacité ; je n'ai ni l'envie ni le loisir d'être amoureux. – Trop tard, dit Mauret, qui venait de sonner à la porte d'un hôtel. Aussitôt dans l'antichambre, M. de Lansac se sentit enveloppé d'un air tiède, parfumé d'une senteur qu'il connaissait déjà. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Tonnerre de femmes ! s'écria-t-il aussitôt dehors et en homme qui le sait par expérience, avec elles, ça finit toujours comme ça ! V M. de Lansac passa la nuit sur son balcon, las, inerte, ressassant malgré lui les mêmes idées. Il vit le gaz s'éteindre, le ciel blanchir, les travailleurs matineux passer sous ses fenêtres. Quelques-uns fredonnaient, et il s'étonna qu'il y eût au monde des hommes assez insouciants pour chanter. Il faisait grand jour lorsqu'il rentra dans sa chambre ; le lendemain et le surlendemain il eut la fièvre ; puis, l'épuisement amena le sommeil. ”
George Sand,
Valentine
(1832)
“ Mais au moment où, le doigt sur la détente, il élevait le bras à la hauteur de cette tête détestée, d’autres pas se firent entendre venant sur les traces de Bénédict. Il frémit de cet atroce contre-temps ; un témoin pouvait faire échouer son entreprise et l’empêcher, non pas de tuer Lansac, il sentait que nulle force humaine ne pourrait le sauver de sa haine, mais de se tuer lui-même immédiatement après. La pensée de l’échafaud le fit frémir ; il sentit que la société avait des punitions infamantes pour le crime héroïque que son amour lui dictait. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ XXXII. M. de Lansac se trouvait dans une des plus diplomatiques situations qui puissent se présenter dans la vie d’un homme du monde. Il y a plusieurs sortes d’honneur en France : l’honneur d’un paysan n’est pas l’honneur d’un gentilhomme, celui d’un gentilhomme n’est pas celui d’un bourgeois. Il y en a pour tous les rangs et peut-être aussi pour tous les individus. Ce qu’il y a de certain, c’est que M. de Lansac en avait à sa manière. ”
Charles Brainne, Baigneuses et buveurs d'eau (1860)
“ En apprenant que celle qu'il aime est dans le donjon de Vincennes, Lansac veut rester prisonnier; par la même raison Chanteloup s'y oppose, et veut rendre Lansac à la liberté. Une lutte de générosité s'engage entre eux et donne lieu à une scène comique et très-spirituellement dialoguée. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Mme de Lesrel, troublée, n'osa demander une explication ; elle craignait que le son tremblant de sa voix ne frappât son mari. Le lendemain, deux amis de M. de Lansac, se présentèrent chez M. de Lesrel. Une rencontre à l'épée fut décidée pour le soir même. C'est chose grave qu'un duel, et l'alternative de tuer ou d'être tué est toujours poignante. Aucun motif de haine personnelle n'animait M. de Lansac contre M. de Lesrel, et peu à peu l'âme si droite de l'officier se révolta à l'idée de frapper un innocent. ”
Charles Mérouvel,
La Vertu de l'abbé Mirande, moeurs parisiennes…
(1879)
“ Croyez-vous, disait-elle, que cette pauvre comtesse de Lansac est venue dîner chez moi dans un costume des plus étonnants, et en carême encore .! Elle portait une robe ouverte – je n'ose le dire – jusqu'au, milieu du dos et aussi échancrée par-devant ; c'était d'une hardiesse choquante. Ses bras nus plongeaient le chevalier de Sainte-Marthe dans une béate rêverie. On n'étale pas ainsi ses richesses, même quand on a du superflu et il n'est pas bon de jeter ce qu'on a de trop dans les fenêtres de ses voisins. J'étais scandalisée et vous deviez en souffrir encore plus que moi, mon cher abbé ! ”
Nina de Callias,
Feuillets parisiens
“ Puis Lansac me disait la chronique légère De ce monde interlope, où j’étais étrangère ; Ses racontars spirituels m’amusaient fort. Certes, venir à la Redoute était un tort, Une quasi coupable et perverse équipée. Si le duc l’avait su !... J’étais préoccupée, Inquiète, vraiment ; ce n’était pas banal D’avoir presque un remords sans rien faire de mal. Ces dames me lorgnaient : je crois que ma toilette A triomphé dans la passe d’armes coquette. ”
Nicolas Rapin, Satyre Menippee
“ Les Lansac n’ayant pu obtenir un office auquel ils se croyaient des droits, se jetèrent dans le parti de la Ligue. ↑ ancien proverbe disait : Il est comme les menestriers, il ne trouve point de pire maison que la sienne. ”
Paul de Musset,
Oeuvres de Paul de Musset : originaux du XVIIe siècle…
(1880)
“ Le jeune homme voulut ajouter de nouvelles excuses ; mais on lui tourna le dos et on ne lui accorda plus un seul regard. La demoiselle n'était pas si méchante qu'elle le voulait paraître ; car Lansac, étant demeuré amoureux d'elle, rentra en grâce par la suite, comme on le verra bientôt. M. de Rosny, qui s'intéressait à Mlle Paulet, craignait pour elle l'humeur changeante des Guise. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ Puis il se mit aussitôt à causer avec cette aisance que donne l’habitude de la dissimulation ; et le ton dont il parla de son voyage, la joie qu’il exprima de se retrouver auprès de sa femme, les questions bienveillantes qu’il lui adressa sur sa santé, sur les plaisirs de sa retraite, l’aidèrent à se remettre de son émotion et à paraître, comme lui, calme, gracieuse et polie. Ce fut alors seulement qu’elle remarqua dans un coin du salon un homme gros et court, d’une figure rude et commune ; M. de Lansac le lui présenta comme un de ses amis. ”
Victor Cousin,
Madame de Hautefort
(1856)
“ Je fis réflexion là-dessus et dis au Roi : Sire , vous devez bien remercier Dieu du bon conseil que vous a donné son Éminence sur le fait de Mme de Lansac , car votre Majesté voit bien , sur le dire de Mme de Hautefort , que vous ne pouvez prendre assurance sur Mme de La Flotte . Vous savez bien que Mme de Lansac n' est point à la Reine , et en une affaire de cette qualité vous savez mieux que personne de quelle importance il est à votre Majesté d' avoir une personne confidente . ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Je vous tiens enfin, lui dit le jeune homme avec bonne humeur, et en l'interrompant sans façon ; dites-moi donc à quelle heure on vous rencontre, mon cher ; je me suis déjà présenté chez vous trois fois, et Louis m'a reçu avec une mine de dogue mécontent. M. de Lansac, après une seconde d'hésitation, suivit son ami, qui l'attirait doucement. – Avez-vous donc été malade ? demanda le jeune officier, surpris de la pâleur de M. de Lansac. – Très malade, répliqua le colonel ; mais je commence à prendre le dessus. Parvenu près d'un balcon en ce moment désert, Mauret saisit la main de son ami. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ M. de Lesrel, qui ne paraissait que de temps à autre, était, au moral comme au physique, un homme correct. Sûr de sa femme, il voyait sans ombrage l'essaim d'adorateurs dont elle vivait entourée chez elle ; car, fière de sa réputation intacte, alors que la mode soufflait aux moeurs de la régence, Mme de Lesrel n'allait nulle part sans son mari. A la longue, prenant goût à ce salon, surtout à l'intimité courtoise qui y régnait, M. de Lansac se fit une habitude de le traverser deux fois par semaine. ”
Victor Cousin,
Madame de Hautefort
(1856)
“ C' est le 2 5 juillet que M me de Lansac fut nommée gouvernante . Voici un extrait de l' ordonnance dé nomination , Archives des affaires étrangères , t . LXXXVIII , fol . 4 0 9 : « Nous ne saurions faire meilleur et plus digne choix que de dame Françoise de Souvré , veuve du feu sieur de Lansac , conseiller en nos conseils , capitaine de cinquante hommes d' armes de nos ordonnances , et gouverneur de notre château du Plessis - lez - Tours. » Richelieu eut soin de donner à M me de Lansac des instructions pour guider ses premiers pas à la cour de la Reine . ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Vers cinq heures et demie, les deux officiers se dirigeaient à pied vers la rue de Courcelles. Le long du chemin, Mauret parla de nouveau avec tant de chaleur de la beauté, de la grâce, de l'esprit de Mme de Lesrel que M. de Lansac s'arrêta. – Me voilà tenté de retourner à mon travail, dit-il. Je suis timide, et mon peu d'esprit à moi s'évaporera devant celui que vous prêtez à Mme de Lesrel. Je ne connais guère le monde, je n'entends rien à la mode, et la vue des très jolies femmes me fait toujours peur. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ Mais comme on ne put jamais lui faire dire le motif de cette douleur, on pensa qu’il y avait encore de l’égarement dans son cerveau. La nourrice seule guettait un instant favorable pour parler ; mais M. de Lansac, étant à la veille de partir, se faisait un devoir de ne plus quitter l’appartement de sa femme. M. de Lansac venait de recevoir sa nomination à la place de premier secrétaire d’ambassade (jusque-là il n’avait été que le second) , et en même temps l’ordre de rejoindre aussitôt son chef, et de partir, avec ou sans sa femme, pour la Russie. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ Tout se fait dans ce pays-ci, où il n’y a personne pour juger ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas. Nous allons, au détour du chemin, entrer dans la Vallée-Noire, où nous ne rencontrerons pas un chat. D’ailleurs il fera assez sombre dans dix minutes pour que nous n’ayons pas à craindre les regards. Cette grave contestation terminée à l’avantage de M. de Lansac, la calèche s’enfonça dans une traîne de la vallée ; Valentine la suivit au petit galop, et la nuit s’épaissit. ”
