Lucien Biart

Résumé

Lucien Biart Les ailes brûlées (1881)

« Malice à part, mon cousin, vous êtes mon seul parent, comme je suis, je crois, votre seule parente, et c'est au nom de la chère morte que je me dis sincèrement votre très affectionnée cousine, « LOUISE SOREL. »
– Je rêve encore ! s'écria Sébastien, hors de lui.
Il relut par trois fois cette lettre, la palpa, étudia de nouveau le timbre, se palpa lui-même et marcha, pour se convaincre qu'il ne dormait pas.
– Ah ! dit-il en saisissant le portrait de sa mère, si j'ai dormi, tu as veillé, toi. Ce sommeil subit, inexplicable, qui m'a empêché d'accomplir mon acte de désespoir, je te le dois.
Source : Gallica

Lucien Biart Les ailes brûlées (1881)

Voyons, mon enfant, cette petite Bourdin n'est pas mal, mais elle n'est pas, que diable, la seule femme au monde dotée de beaux yeux. A ton âge, on se monte la tête facilement ; on croit aimer à jamais et...
– Père ! s'écria Henri, ne parle pas ainsi, par pitié. Je n'ai jamais méconnu les qualités de Henriette ; c'est la faute de mes dix-huit ans si, comme tu me le disais alors, je n'ai pas songé que les papillons sortent d'une chrysalide. Henriette a toutes les vertus qui font estimer une femme, toute la beauté, toutes les grâces qui la font aimer. Si je ne l'épouse, je meurs.
Source : Gallica

Lucien Biart Les ailes brûlées (1881)

Il faudra me la communiquer, dit M. Chabrié.
La journée parut très longue à Henri. Il ne doutait pas que, aussitôt le soir venu, Henriette n'accourût à la cabane. Il y demeura jusqu'à neuf heures et elle ne vint pas. Henri songea soudain qu'il avait un rival et il se désola jusqu'à en pleurer.
– Il y a au monde un homme de trop, pensa-t-il.
Cet homme en trop, c'était naturellement le fiancé de Henriette, de sa petite femme. Aussi, pendant vingt-quatre heures, Henri étudia-t-il les moyens de provoquer ce rival, de le forcer à se battre.
Source : Gallica

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