Robert Halt

Marianne (1884)

Résumé

Robert Halt Marianne (1884)

Elle la reconnut fort bien ; ce grand spectacle l'avait déjà frappée le soir du dîner des Carteneuve, l'unique dîner de sa vie, dont le souvenir flambait encore dans sa mémoire.
Avec un vague sourire, Mme Jorand promena d'abord son regard sur le pauvre caraco gris et noir de la demoiselle, puis sur les meubles, et après avoir refusé de s'asseoir, dit avec autorité, à travers son sourire :
Mademoiselle, je viens communiquer, en hâte, les craintes d'une honnête femme... – elle la toisa un moment, – à une honnête femme. Vous êtes,
avec votre soeur, responsable de votre jeune cousine.
Source : Gallica

Robert Halt Marianne (1884)

Fillette !.. Allons, il faut se lever.
Elle s'étira, ouvrit les yeux tout grands et rit à son père ; mais aussitôt ce petit visage, après un regard jeté sur la chambre inconnue, s'assombrit.
– Oui, nous sommes à Paris, ma mignonne, dit M. Fréault.
Il la descendit du lit, avec des caresses, qui la firent sourire de nouveau.
C'était une grosse petite fille d'environ six ans, joufflue, rondelette, d'air ouvert et avenant, avec des cheveux châtain clair et des yeux bruns très doux.
Elle se lava seule, gentiment, comme une petite
femme, puis tendit sa tête à son père, qui la peigna assez mal.
Source : Gallica

Robert Halt Marianne (1884)

Puis le désir du mariage, du foyer après sa longue solitude de garçon, se mêlait de l'affaire, et l'image de Léonie encore plus :
Celle-là, du moins, avait parlé, rendu un accent de passion ; et de quelles lèvres ! elles avaient une saveur de cerise. L'autre, avec ses touchantes beautés morales célébrées par Christine, et que d'ailleurs il avait senties, lui semblait, à cette heure, un pur bloc de glace.
Mme Chevaillon, cependant, continuait ses cris de bonheur. Elle ne s'interrompit que pour descendre
devant un marchand de comestibles où elle acheta un jambonneau et un homard.
Source : Gallica

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