Rhoda Broughton

Résumé

Rhoda Broughton,  Fraîche comme une rose (1880)

“ Milady aime Saint-John. Il est très bon pour elle et il intervient souvent dans les querelles que lui fait sir Thomas.
– Disparu, – répond miss Blessington de sa voix douce et traînante. Je crois que c'est miss Craven qui lui fait peur.
– Je ne l'aurais pas cru si timide, répond Essie, un peu blessée.
– C'est un caractère singulier, dit Constance, tandis que ses doigts blancs démêlent les soies de couleurs vives qui lui servent à broder une calotte de fumeur, – il a la terreur des étrangers.
– Les plus grands amis ont commencé par être des étrangers, réplique Esther.
”
Source : Gallica

Rhoda Broughton,  Fraîche comme une rose (1880)

“ O mon Dieu ! s'écrie-t-elle en regardant au ciel, pourquoi met-on des enfants au monde pour mourir de faim ou pour être à charge aux autres ? Pourquoi ne peut-on savoir ce qu'est la vie avant d'y être lancée ? Mais il est vrai que si on le savait, personne ne voudrait venir en ce monde.
– Moi, je le voudrais, répond avec fermeté Brandon. Je ne trouve pas que ce monde soit si mauvais, quoiqu'il soit de mode aujourd'hui de s'en plaindre ; mais, après tout, bon ou mauvais, personne ne se plaint d'y rester trop longtemps et il y en a un meilleur après lui.
– Ou un pire, dit tristement Esther.
”
Source : Gallica

Rhoda Broughton,  Fraîche comme une rose (1880)

“ Une sorte d'idée vague que le suicide est défendu par la loi de Dieu se présente pourtant à l'esprit d'Esther. Elle s'assied à sa table, ouvre une Bible et la feuillette longtemps pour y chercher la loi prohibitive. Soit qu'elle cherche mal, soit que, selon son idée, la défense ne s'y trouve pas, toujours est-il qu'elle n'y découvre pas le passage qui pourrait l'éclairer, et, pâle, épuisée, elle appuie sa joue sur ses mains jointes. Son cerveau est calme au point que, dans la nuit profonde qui se fait dans son âme, elle oublie la profondeur de la nuit qui s'avance toujours plus sombre. ”
Source : Gallica

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