Résumé

Portrait de Gustave Droz Gustave Droz Le cahier bleu de Melle Cibot… (1873)

SOUVENIRS D'ADÈLE
A partir de ce soir où j'entendis les mauvaises paroles de Joseph, il me sembla que ma vie était changée. J'embrassais ma poupée à chaque instant, j'avais un besoin extrême de tendresse, je n'osais plus regarder mon père en face de peur de comprendre ce quelque chose d'étrange qui était dans sa vie et que je devais ignorer. J'allais m'asseoir au fond du jardin sous un lilas, et là je me disais: « C'est vrai, pourquoi mon pauvre papa est-il ici tout seul, tandis que maman est là-bas à Paris ou aux eaux? »
Source : Gallica

Portrait de Gustave Droz Gustave Droz Le cahier bleu de Melle Cibot… (1873)

Eh bien, oui, je me perdis en lui, j'oubliai tout sous le baiser de ses lèvres, je me sentis mourir d'une mort vivifiante sous les douceurs de son regard chéri. Oui, je t'aime mon Pierre; oui, je t'aime. Si c'est un crime, j'en subirai la peine. Puis-je mourir sans avoir vécu? Faut-il donc qu'après des années de dégoûts amers, de hontes imposées, je rougisse encore, parce que mon coeur déborde et qu'en moi la femme n'est pas tout à fait morte. Non, non, je n'en rougis pas. Je suis à toi, mon bien-aimé, ma vie. Serre-moi dans tes bras, serre bien fort; fouille en mon coeur.
Source : Gallica

Portrait de Gustave Droz Gustave Droz Le cahier bleu de Melle Cibot… (1873)

Quelques instants après nous entrâmes dans le bois, et les chevaux reprirent le trot. Il y avait une bonne odeur dans ce bois. Les masses de verdure, sombres et estompées, se détachaient sur le ciel en silhouettes bizarres. De temps en temps un tronc d'arbre, qu'un rayon de la lune venait caresser, brillait au milieu du fourré. Tout était silencieux et calme
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et l'on n'entendait que le piétinement cadencé des chevaux, le roulement facile de la voiture et la toux sèche et irritante de mon mari qui parfois me rappelait à la réalité.
Source : Gallica

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